La loi du plus fort : retour à owncloud

Comme je l’ai expliqué, j’ai dernièrement changé mon disque dur et refait mes partitions, j’ai désormais une taille confortable avec un var conséquent. J’en ai profité pour refaire une passe sur owncloud mon megaupload à moi de l’époque. Owncloud et moi c’est une longue histoire, j’ai été un early adopter, et par le fait un early essuyeur de plâtre, j’ai connu de nombreux bugs sur quasiment toutes les versions jusqu’à la quatre où j’ai arrêté la casse. Aujourd’hui le logiciel est en version 6, propose un dépôt debian ce qui évite en plus les installations héroïques et présentent quelques bricoles qui désormais me paraissent indispensables comme le gestionnaire de notes qui me permet d’éliminer l’application jotter, la visualisation de documents, le suivi d’activité pour savoir qui fait quoi, et quelques autres bricoles. Pour l’instant je ne déplore absolument aucun bug ce qui n’était pas le cas sur les versions précédentes.

Pourquoi abandonner dropcenter qui ne fonctionne pas si mal ? Pas si mal mais pas parfaitement, un lourd problème d’encodage UTF8 pour exemple qui m’a donné énormément de plaisir quand j’ai dû renommer une petite centaine de fichiers à la main, l’absence de pas mal de fonctionnalités et surtout un grand point d’interrogation : son développement qui ne bouge pas. Je l’avais déjà largement évoqué lors de ce billet qui avait fait polémique à l’époque quant aux forks des distributions Linux, aujourd’hui je me permets d’en rajouter une couche en vous invitant à suivre les projets actifs, financièrement viables et majoritaires. Comprenez que je sais parfaitement qu’avec ces propos je ne suis pas dans une optique d’un libre où l’on multiplie les logiciels à tout va et où effectivement c’est grâce à certaines initiatives personnelles qui sont devenues collectives qu’on a vu émerger des programmes majeurs, mais aujourd’hui je reste persuadé que la donne est différente, qu’il est nécessaire de se rallier sous une même bannière, utiliser les gros services fait partie de la démarche.

Owncloud est un gros projet et s’appuie sur un modèle économique intéressant, distribuer librement le code source à la communauté qui contribue par des plugins en masse, une application mobile payante à 0.79 € vendue plus de 50.000 fois ou des espaces owncloud déjà hébergés. Piwigo pour exemple s’appuie sur un modèle similaire en vendant des espaces piwigo, l’utilisateur n’a pas à se préoccuper de la gestion de son logiciel, c’est Pierrick qui prend en charge.

Sans tomber dans un raccourci très tendancieux qui consisterait à dire qu’avant de lancer un logiciel libre il faudrait penser à sa rentabilité, cela fait peut être partie des options à réfléchir sans pour autant que cela soit une entrave à sa production. Le développement doit pour moi avant tout rester un plaisir personnel, néanmoins lancer un programme pour qu’il tombe en désuétude rapidement car on a perdu la motivation ou parce qu’on n’a pas prévu de plan, c’est dommage.

Pendant que je suis dans les forks et dans les nombreux projets plus ou moins pertinents, je pense qu’on sépare trop les Linux pour serveur d’un côté et les Linux desktop de l’autre quand Linux nous offre la possibilité de jouir de cette dualité. Plutôt que de s’acharner à refaire les interfaces graphiques, il serait peut être judicieux de proposer une mise en route simple pour profiter de services comme owncloud et d’autres.

Cyrille BORNE, 39 ans, professeur de mathématiques, de sciences physiques, dictateur informatique du Lycée Agricole le Cep d'Or à Clermont L'Hérault. Doctorat en rap des années 90, grand poutreur de zombies, grand maître de la confrérie des Trolleurs.

9 réactions dans “La loi du plus fort : retour à owncloud

  1.  Odysseus, , a écrit :

    Dans le même ordre d’idée, j’ai beaucoup de mal à m’y retrouver dans la multiplicités des organismes défendant le libre. Quelles différences finalement y-a-t-il entre APRIL,La Quadrature, FSF, FSFE ? (Il y en encore un proche de l’April dont j’ai oublié le nom). Cette dispersion, ce flou ne donnent pas de points de repère, de références claire à tout interlocuteur … même probablement parmi les libristes. Dommage !

  2.  Pierrick Le Gall, , a écrit :

    Puisqu’on parle de Piwigo (merci pour le backlink), je vais donner quelques précisions sur le modèle économique parce qu’il y a une grosse imprécision dans le billet. C’est d’ailleurs intéressant à lire car cela me laisse penser que c’est la vision que peuvent avoir les gens qui découvrent Piwigo.

    Piwigo est né en 2001, Piwigo.com en 2010. 9 ans séparent le début des 2 projets. Piwigo n’a pas été lancé avec pour objectif de gagner de l’argent. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, juste que c’est l’histoire du projet. Aujourd’hui le projet Piwigo est géré par l’association du même nom.

    L’association Piwigo gagne un tout petit peu d’argent avec le dons et un peu d’argent avec les affiliations sur les hébergeurs américains (Arvixe et Bluehost donne de l’argent quand ils gagnent un client grâce à nous). Ca paie le serveur dédié de Piwigo.org, les noms de domaines et divers petits frais (trajet en train pour faire une conférence par exemple). Piwigo.org est donc indépendant financièrement; vis à vis de Piwigo.com je veux dire.

    De son côté, Piwigo.com gagne de l’argent avec les abonnements des utilisateurs, ce qui finance la “masse salariale” (entre autres, mais c’est le plus gros poste de dépense).

    Evidemment, comme je suis à temps “presque” plein sur Piwigo.com, dedans il y a du temps passé sur Piwigo, qui profite globalement à tous les utilisateurs Piwigo, quelque soit leur hébergeur. C’est donc du “temps passé” par mon entreprise pour contribuer à Piwigo. Ca c’était vraiment mon objectif en me lançant dans la création d’entreprise : me lever le matin et me dire que je vais bosser toute la journée sur Piwigo.

    Donc pour répondre au billet, je dirais que j’ai plutôt greffé un modèle économique sur un projet opensource existant. Je n’ai pas envisagé un modèle économique dès le début (et en 2001 seul l’aspect technique m’intéressait, j’étais étudiant en informatique). On va dire que ça a commencé à me trotter dans la tête en 2005 et sous l’impulsion d’un ami j’ai envisagé sérieusement à me lancer à partir de 2008.

    Si je pouvais revenir 10 ans en arrière, je me lancerai beaucoup plus vite dans l’aventure Piwigo.com ! (et je mettrais la priorité systématique sur la facilité d’utilisation)

  3.  dacrovinunghi, , a écrit :

    ” je pense qu’on sépare trop les Linux pour serveur d’un côté et les Linux desktop de l’autre”
    Toutafé on pas chez winuz ou la séparition est marketing(troll).

    “j’ai dû renommer une petite centaine de fichiers à la main” tu veux dire avec un script qui va bien en python le meilleur langage bien sur (troll) ou convmv?

  4.  postblue, , a écrit :

    Solution minimaliste et pourtant fonctionnelle pour le moment : h5ai !

    D’un point de vue empreinte sur le serveur, c’est le jour et la nuit par rapport à cette usine à gaz qu’est Owncloud. Surtout pour une utilisation aussi restreinte que la mienne : balancer un fichier, avoir un lien pour le partager, point. Je me moque des trois quarts des fonctionnalités disponibles dans Owncloud : je dispose déjà d’un agrégateur, mieux pensé qu’un module dans une plateforme qui n’est pas pensée pour ça, un serveur DAV restreint à sa plus simple expression, fonctionner, … Bref. J’ai configuré un sous-domaine pour h5ai qui pointe sur mon $HOME/Public, et si je veux uploader à distance, scp est mon ami : scp -C $fichier server:Public.

    Mes deux centimes.

  5.  Cyrille BORNE, , a écrit :
    En réponse à postblue :
    « Solution minimaliste et pourtant fonctionnelle pour le moment :
    « Solution minimaliste et pourtant fonctionnelle pour le moment : h5ai !

    D'un point de vue empreinte sur le serveur, c'est le jour et la nuit par rapport à cette usine à gaz qu'est Owncloud. Surtout pour une utilisation aussi restreinte que la mienne : balancer un fichier, avoir un lien pour le partager, point. Je me moque des trois quarts des fonctionnalités disponibles dans Owncloud : je dispose déjà d'un agrégateur, mieux pensé qu'un module dans une plateforme qui n'est pas pensée pour ça, un serveur DAV restreint à sa plus simple expression, fonctionner, ... Bref. J'ai configuré un sous-domaine pour h5ai qui pointe sur mon $HOME/Public, et si je veux uploader à distance, scp est mon ami : scp -C $fichier server:Public.

    Mes deux centimes. »
      Lire la suite

    il est propre ton logiciel, en ce qui concerne l’agrégateur j’attends de voir venir, les versions se suivent et ne se ressemblent pas, owncloud met réellement le paquet dans la qualité de son produit désormais.

  6.  xavier, , a écrit :

    @Michel : En effet sftp est simple mais cela ne permet pas d’emporter hors connexion tes fichiers. C’est LE gros avantage de owncloud et Dropbox (de la vraie synchronisation).

    Attention au dépot Debian pour owncloud, il met un peu le bazar sur le système. Par exemple il installe clamav alors qu’on demande rien, ainsi que pas mal de librairies X11, LibreOffice, et Java (probablement pour la lecture des documents .odt).

    Je m’y suis remis il y a quelques semaines mais j’ai à nouveau laissé tomber, la synchronisation des fichiers m’a posé pas mal de soucis.

  7.  Michel, , a écrit :

    @xavier unpetit script avec rsync et ssh

    #!/bin/sh
    echo "Mise à jour de la sauvegarde d'archives sur serveur"
    rsync -arv /path/archives/* userl@serveur:/path/dossier/ -e "ssh -p port"
    echo "Mises à jour terminées"
    sleep 3
    exit

  8.  Jerome BAPTISTE, , a écrit :

    Pour ce qui est de renommer les fichiers je le fais souvent par XnView MP. Comme quoi ce logiciel non libre permet bien plus que de manipuler les images.
    Pour ce qui est de la séparation Server/Desktop, je pensais la même chose que vous au début. Puis à la réflexion, c’est pas plus mal d’avoir un Linux serveur sans toute la couche graphique (J’hallucine de ce que je viens d’écrire, moi le fervent défenseur de l’interface graphique)
    Pour OwnCloud, je l’ai abandonné en version 5 car j’avais quelques problèmes de configuration des Utilisateurs dans la partie visibilité des uns des autres. Je retenterais une 6 dès que possible. Idem @Xavier, je ne reprendrais pas le dépôt Owncloud. Il m’a foutu un bazar pas possible sur une Débian 7.0. N”étant pas du tout satisfait (entre autre du bazard owncloud+apache+php) je dois tout ré-installer (et donc passer en 7.1)

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