Du triste état de la presse informatique papier…

Le grand chef du blog-libre, j’ai nommé Cyrille Borne ne se lasse pas de nous rappeler que l’état de la blogosphère libriste fait peur à voir. Que ce soit dernièrement dans le billet concernant la zombiesque Bodhi Linux, ou sur un des rares billets où je parlais de la drague des blogueurs influents pour leur vendre du contenu prédigéré.

Cependant, la presse informatique papier francophone est dans un piteux état. On pourrait dire qu’elle est à l’image de la blogosphère libriste francophone.

Faisant cet après-midi quelques courses alimentaires dans l’hypermarché à l’oiseau de la ville où j’habite depuis 2007, j’ai fait un tour au rayon librairie. J’ai voulu voir l’état de l’offre actuel… Et ça m’a fait mal au coeur de voir l’état de décomposition avancée de la presse informatique, non ludique, au format papier.

La plus fournie, c’est à égalité celle pour MacOS-X et, roulement de tambour… Linux ! Une demi-douzaine de titres pour chacune des deux. Quand j’ai jeté un oeil à la presse PC (traduire orientée MS-Windows), il y a trois ou quatre titres. J’ai appris par la même occasion que 01net propose encore un magazine papier.

J’ai appris par la même occasion la « mort » de PC Magazine que les plus anciens d’entre nous ont connu quand il proposait encore des disquettes au format 3,5 pouces et des CD avec du contenu coquin qu’il fallait déverrouiller en payant une fortune sur le minitel. Mort, ou plutôt fusion avec un autre magazine. Les magazines sont loin de ceux que j’ai connu dans les années 1995-2000, et se réduisent à 80 pages au contenu clairsemé, dont la moitié sont de la publicité plus ou moins déguisées. Et encore 80 pages, c’est avec du vent dans le dos.

J’ai pu lire les pires âneries sur un dossier concernant les logiciels gratuits, alors que des logiciels libres étaient présentés. C’est vrai, pourquoi expliquer la différence entre les deux notions à leur clientèle qui est bien contente de pirater d’utiliser gratuitement Microsoft Office ou Adobe Photoshop dans sa dernière version, alors qu’un outil comme LibreOffice ou The Gimp rempliraient les tâches de nombres d’utilisateurs personnels.

Il est vrai que pour écrire un livre, il est indispensable d’avoir l’usine à gaz Microsoft Word… Et  que pour retoucher les photos de vacances, Adobe Photoshop est incontournable.

J’ai eu l’impression de voir une copie conforme de certains grands sites d’informations qui, quand on les visite sans bloqueur de publicités, ressemblent purement et simplement à des catalogues de Vente Par Correspondance au corps défendant de votre bande passante. Je n’ai pas regardé le prix des magazines, mais je pense qu’on doit tourner dans les 4 à 5 euros minimum.

Donc, c’est avec les magazines papiers une double peine : on achète moitié contenu rédactionnel et moitié publicité.

Surtout que les magazines papiers d’actualité informatique sont de moins en moins utile et de moins en moins justifiable.

En l’espace de deux minutes via votre moteur de recherche préféré, qu’il cancanne ou pas, on peut trouver les trucs et astuces présentées dans les magazines, des avis indépendants (ou presque) et surtout, sans devoir ignorer la moitié des pages qui n’apportent aucun contenu informatif réel.

Les magazines papiers concernant l’informatique généraliste ne seraient-ils pas comme les conducteurs de diligence quand le chemin de fer est arrivé ? À savoir quelque chose de superflu ?

En tout cas, j’ai reposé le magazine que j’avais feuilleté, en me disant que la disparition de ce qui reste de la presse informatique papier ne serait pas une grande perte. Sauf pour les salariés de la rédaction du magazine, bien entendu !

Une bien jolie veille 10

  • Pourquoi Microsoft rachète Minecraft et pourquoi Notch l’a vendu, la réponse qui me vient personnellement à l’esprit c’est qu’à 2 milliards 5, il aurait vendu sa grand mère et ça se comprend tout à fait. Maniacgeek fait pourtant l’effort d’aller plus loin en expliquant que la communauté du jeu vidéo est en passe de devenir la plus con du monde et que les clichés qu’on y pose quant à la violence, au sexisme, sont peut être fondés. Comme quoi il y aurait pire que la communauté Linux, c’est bon pour nous.

  • Toujours chez Maniacgeek on apprend qu’il y a plus de 140 millions d’utilisateurs de adblock à travers le monde, je ne sais pas si cela inclus toutes les versions comme adblock edge. Non seulement l’utilisation est forte mais la croissance est conséquente, si bien que les crises de pleurnicherie des différents sites quant aux pubs qui sont le seul moyen de survie commenceraient à avoir du sens, 140 millions ça commence à faire du monde. Ce qui est intéressant c’est que c’est plusieurs mondes qui s’affrontent. Au départ les sites internet qui ont transformé leur site en sapin de Noël et qui ont imposé des pubs agressives, de l’autre les gens qui refusent toute forme de pub, comme moi par exemple, pas par conviction mais par flemme, je ne prends que très rarement le temps de libérer adblock pour des sites que j’apprécie, enfin ceux qui ont conscience que si l’on veut faire survivre un certain internet, plus ou moins libre, alors il faut accepter la publicité. Le grand gagnant de l’histoire c’est l’ORTF, si je puis dire, je constate que de plus en plus de gros sites d’actualité prennent désormais le risque de bloquer la lecture si vous avez déjà consommé 10 ou 15 articles. Avec d’un côté un internet gratuit qui ne pourra plus trouver des ressources dans la publicité bloquée de façon logicielle et de l’autre une presse qui se déplace progressivement du papier vers le web et qui passe enfin à l’offensive, le grand perdant sera le lecteur qui se retrouvera à l’ancienne devant son écran. A moins que les journaux citoyens faussent complètement la donne, ce que nous pouvons souhaiter.

  • Les promos incessantes sur les jeux en dématérialisé nuiraient, aujourd’hui, au marché du jeu PC. Je pense que cela fait partie des raisons qui m’ont poussées à quitter le PC comme plate-forme de jeux, paradoxal peut être, mais tout en payant ses jeux on était arrivé à une situation similaire à celle du warez, trop de choses facilement accessibles, on ne fait plus de choix, on achète tout même si on ne jouera pas à grand chose. Il faut retrouver le plaisir de consommer, de patienter, de choisir, et pas d’acheter tout et n’importe quoi.

  • La belle histoire du jour : il sauve son professeur… de secourisme, comme quoi, on apprend encore des choses utiles à l’école.

  • Il sauve une femme du suicide, on lui demande de rembourser la porte, à l’image de notre société actuelle qui rejoint un peu le billet sur le laisser faire, détourner le regard c’est beaucoup plus simple que de s’impliquer, que de prendre des risques.

  • Comment déchiffrer un oeuf ? Vous ne regarderez plus jamais un oeuf comme avant.

Un petit script – 1

J’ai écrit un petit script qui ne casse pas 3 pattes à un canard.

#!/bin/bash

ip=$(dig +short myip.opendns.com @resolver1.opendns.com)
oldip=’86.87.88.89′

if [ "$ip" != "$oldip" ]; then
echo « Adresse IP WAN de $HOSTNAME : $ip » | mail -s « Changement d’adresse IP WAN de $HOSTNAME » root
fi

Je lance ce script via une tâche cron toutes les heures. Ça me permet de savoir si mon adresse IP WAN a changé car je m’auto-héberge et mon accès ADSL ne me donne qu’une adresse IP dynamique.

Ce qu’il y a d’intéressant dans ce script, c’est ceci :

dig +short myip.opendns.com @resolver1.opendns.com

La plupart du temps sur Internet vous trouverez une ligne du type :

curl -s checkip.dyndns.org | sed -e ‘s/.*Current IP Address: //’ -e ‘s/<.*$//’

curl ifconfig.me

J’ai toujours trouvé cette dernière commande très longue même si son point fort est de pouvoir la retenir aisément. Un simple time curl ifconfig.me me donne près de 9 secondes d’attente. Maintenant un time dig +short myip.opendns.com @resolver1.opendns.com me donne systèmatiquement moins de 0,6 secondes.

Quelques raisons de préférer dig pour le besoin de récupérer son adresse IP WAN :

  • Plus rapide
  • Ne nécessite pas de traitement pour le formatage de l’adresse IP à base de sed notamment
  • Les services DNS (tels que OpenDNS, ceux des fournisseurs d’accès à Internet) sont généralement plus stables et plus pérennes que les sites comme ifconfig.me

Source.