Solitude

Je lisais cet article sur la progression de la solitude en France, globalement si vous êtes chômeur, malade, vieux, vous êtes au rebut de la société. Je suis seul, ne nous leurrons pas. J’avais écrit il y a quelques années un article où je disais qu’il n’avait jamais été aussi simple de me trouver sur la toile, mais que personne ne le faisait si bien que j’en déduisais que j’étais un gros connard.

C’est un peu schématique mais analysons mon parcours de vie en 39 ans. A 18 ans je quitte Nîmes pour Montpellier, j’ai tiré un large trait sur tous les amis d’enfance pour la simple et bonne raison que nous nous sommes perdus de vue si bien que cela fait partie des relations que je ne supporte pas, ressasser des souvenirs d’avant, des souvenirs d’inconnus car nous ne sommes plus les mêmes. Il m’est arrivé de revoir des gens d’avant, et j’ai toujours eu l’impression qu’on disséquait la vie de l’autre pour savoir qui avait le mieux réussi, la plus belle baraque, la plus belle femme, la meilleure paye, les gosses les plus intelligents, je fuis donc ce genre d’événements comme la peste. A 25 ans direction Paris, je deviens ingénieur, j’ai fait l’effort de revoir les anciens camarades d’université pendant quelques temps, et puis la vie fait son œuvre. 28 ans, je quitte Paris, pour le Cantal, à chaque fois que j’ai eu l’occasion de passer sur Paris je suis allé voir les collègues, mais je crois que c’est à ce moment là que j’ai compris que j’étais un prestataire de service, je ne ferai qu’un contrat temporaire dans la vie des gens. La vie de prof en Auvergne et celle d’ingénieur à Paris n’a plus de rapport, adieu et bonnes chances. A 36 ans je quitte le Cantal, je n’ai conservé des relations qu’avec une seule collègue de travail que j’appelle le plus régulièrement possible. En même temps pas d’ambiguïté non plus, prestataire, je savais que je ne resterai jamais au pays des 50 cm de neige en hiver, je n’ai donc pas été très liant. Depuis la quatrième année que je suis dans le lycée, je fais comme d’habitude, je suis sympathique avec tout le monde dans la mesure de mes moyens, je sais que je ne vais pas rester pour la simple et bonne raison que je suis éloigné de mon lieu de vie. Parler d’amitié serait exagéré, j’ai des gens qui sont de très bons camarades, je crois qu’avec mon parcours de vie j’aurai du mal désormais à utiliser le mot ami, cela fait tellement longtemps que je n’en ai pas eu de vrai, de palpable, de classique, le gars avec qui on boit une bière régulièrement, qu’on reçoit souvent à table avec les femmes, les gosses et le reste, que je trouverai indécent de l’employer.

L’article divise en trois parties les réseaux, le boulot, la famille et les amis, vous l’aurez compris, le boulot c’est mort, la profession aussi qui veut ça, un prof qui part à la retraite c’est un prof libéré, quelqu’un qui va enfin pouvoir faire ce qu’il veut, il n’a pas envie de se rappeler les gosses horribles qu’il vient de quitter. Nécessairement et avec le fameux théorème du loin du cœur, loin des yeux, la culture de la prestation de service, les déménagements, les amis c’est aussi mort. Il reste donc la famille. La famille de mon côté c’est une triste histoire, une histoire qui montre la responsabilité familiale, mon père a brillamment coupé les ponts avec tout le monde puisqu’il était en conflit avec tout le monde, avec lui même surtout je pense. Reproduisant le bon schéma familial, nous ne nous parlons plus depuis plus d’une décennie et la famille de mon côté se ramène à ma mère et mon frère, n’ayant pas eu le privilège de rencontrer le reste, ne le désirant pas vraiment non plus. La cellule familiale du côté de mon épouse est solide et proche en terme de distance, si bien que nous voyons souvent les autres membres de sa famille. J’essaie d’inculquer à mes enfants la valeur famille, non pas espérant un jour qu’ils me servent de bâton de vieillesse, mais surtout parce qu’on se rend compte que dans cette société qui s’effondre, la famille reste l’un des derniers remparts, et quand je dis inculquer ça prend un sens encore plus fort avec des enfants adoptés qui ne comprennent pas toujours certains concepts.

Si l’on fait le bilan de ma vie, je me limite au réseau familial en apparence, j’ai un énorme réseau amical sur l’internet, jamais seul. Comme je l’ai expliqué, difficile d’appeler ça de l’amitié mais avec certaines personnes c’est ce qui s’en rapproche le plus. Il est d’ailleurs à noter que l’article explique que les réseaux sociaux ne facilitent pas la relation, mais soyons juste il est précisé que la majorité des gens qui sont seuls ne sont pas inscrits. Il y a quelques années, toujours dans ce même article qu’il faudrait déterrer, je pensais que c’était un faciliteur, je ne le pense même plus. Quand on n’a rien à dire à quelqu’un quel que soit l’outil utilisé ce n’est jamais facile, quand on a quelque chose à raconter, tous les moyens sont bons.

Est-ce que je dois m’inquiéter ? Pas plus que vous. Le bon sens serait de faire une fête des voisins le plus rapidement possible, de me lancer dans l’associatif dans la ville de Saint-Pierre pour prévenir, si mes enfants m’abandonnent, si mon épouse décède en premier. Après tout la vieillesse, c’est comme la retraite, ça se prépare, organisons nous dès maintenant pour ne pas être un pauvre vieux tout seul. J’ai du mal à m’inquiéter en fait, pour la simple et bonne raison qu’à l’instar de quelqu’un qui fume trois paquets par jour, je ne me fais pas d’illusion sur mon avenir. On lit dans l’article que la solitude tape lourdement les plus de 75 ans, normal, avant ils servent. Pour vivre dans un endroit très agréable à 200 mètres de la mer et bondé de retraités, je vous garantis qu’ici les vieux sont utiles, garde d’enfants pendant toutes les vacances scolaires, le vieux il assure ici. Seulement quand le vieux sera trop vieux, et que l’adolescent préférera rester avec ses copains, qui se souviendra de ces personnes qui auront torché deux générations d’enfants ?

Comme je l’ai expliqué plus haut, je n’attends pas de mes enfants qu’ils deviennent des bâtons de vieillesse, ma fille la présidente du syndicat des enfants, m’a dit plusieurs fois suite à un refus du président papa que plus vieux elle ne s’occuperait que de maman. J’en souris car ce sont des paroles d’enfants, mais elle cache tout de même la représentation de notre société, la personne kleenex, utile en son temps et qu’on jette dès qu’elle ne sert plus à rien.

C’est la monnaie qui dirige le monde

L’argent il en est toujours question mais peut être un peu plus en cette semaine avec deux événements majeurs :

  • l’iphone 6 et ses tarifs qui grimpent à plus de 1000 €
  • le rachat de Minecraft par Microsoft

Je n’entrerai pas dans les détails techniques de l’iphone, ils ne m’intéressent pas, pour la simple et bonne raison que quelles que soient les possibilités du téléphone, 1000 € un appareil est une véritable aberration. On évoquait dernièrement le fait dans le reportage l’urgence de ralentir, qu’une poignée de capitalistes tiraient la société vers l’infini et même l’au delà, on peut tout de même être interpellé par le fait que le téléphone se vendrait comme des petits pains et qu’on n’arriverait pas loin de la rupture de stock. Bien sûr on peut dire qu’il s’agit ici d’une technique de marketing bien connue qui consiste à faire croire qu’on vend tout très vite, alors le client ou le pigeon doit aller plus vite que les autres pour en avoir, parce que si le gars il a pas son téléphone à 1000 € il va crever dans la seconde, je pense tout de même que même s’il y a un peu de ce phénomène, ça doit quand même plutôt bien se vendre. Je suis interpellé car en France de façon théorique c’est la crise, et pourtant on s’arracherait l’engin, 1000 € quand même, une somme, 20 Open C. Ce que je retiens ici, c’est que finalement, pourquoi se faire violence et envisager un changement profond des habitudes de consommation quand on voit un tel engouement, quand on verra que plus un seul iphone ne se vend alors peut être que les gens seront enfin mûrs pour changer de vie.

Nous sommes dimanche au moment où j’écris ces lignes et je ne sais donc pas si Microsoft a bien racheté Minecraft. Cela dit, les rumeurs sont tellement pressantes, persistantes, précises qu’il semblerait particulièrement surprenant que cela ne se réalise pas, c’est pour ça que je prends le risque d’écrire ce paragraphe. On évoque une somme de 2 milliards pour le rachat, j’ai vu que chez pas mal de libristes on faisait la moue. En effet, Minecraft et son créateur étaient l’étendard du jeu vidéo indépendant, le David qui aurait totalement démonté Goliath, la justice pour les petits, une forme de rêve, dès lors le rachat à 2 milliards montrerait que tout le monde a un prix. Si on avait un énorme retournement de situation, le mythe serait entretenu, mais mettez vous quelques minutes à la place de l’individu qui partirait au bas mot avec un milliard de dollars dans les poches, se mettant à l’abri de tout, lui, sa famille, pouvant faire le choix de tout arrêter si le cœur lui en dit, qui sommes nous pour lui jeter la pierre ? De plus, en vendant Minecraft, on pourrait estimer qu’il vend son âme, néanmoins, s’il a été capable de créer cet univers, pourquoi ne serait-il pas capable d’en créer un autre ?

Chacun son prix, celui de la prétention c’est 1000 €, les valeurs d’un homme à 2 milliards, une forme de justice quelque part.

Édit de l’après midi : hey hey, 2.5 milliards sur la table et un mot de départ pour faire vomir ceux qui croyaient encore que les hommes de valeur existent encore, je cite « pas une question d’argent. C’est une question de santé mentale ». « Je suis devenu un symbole. Je ne veux pas être un symbole, ni être responsable d’un truc énorme que je ne comprends, pas, sur lequel je n’ai pas envie de travailler, et qui revient tout le temps sur moi. Je ne suis pas un entrepreneur. Je ne suis pas un PDG. Je suis un développeur un peu « nerd » qui aime avoir des opinions sur Twitter ». Allez tous avec moi : Parce que c’est la monnaie qui dirige le monde, C’est la monnaie qui dirige la terre, Et qu’on le veuille ou non, C’est comme ça, on ne peut rien y faire.

https://www.youtube.com/watch?v=8odAgZ86_1Y

J’ai scanné sous *Linux… pas si simple

En lisant le titre de l’article de Cyrille, "J’ai scanné sous Linux", je me suis dit que si je l’avais écrit, il aurait été différent. Ce que je viens de faire. J’ai moi aussi scanné sous *Linux, avec un résultat différent, une même distribution, Debian stable, avec une imprimante différente, la Canon multifonction MG2450, achetée tout récemment sur le net. Un besoin urgent d’imprimer et de scanner des documents.

Avant l’achat, je me suis contenté de vérifier, très rapidement, si le modèle de l’imprimante apparaissait dans les discussions sur les forums Debian et d’autres distributions dérivées. Je savais le pilote de l’imprimante disponible sur le site de la marque. Naïvement, je me suis dit qu’il en serait de même pour le scanner. Ce qui est le cas. Enfin, pas exactement, pas si simple…

Après installation du pilote de l’imprimante, aucun souci particulier, elle imprime, c’est ce qu’on attend d’elle et c’est ce qu’on lui demande. Pour ce qui est du scanner, c’est une autre affaire. Le logiciel fournit par Canon, après installation du pilote, ne reconnaît pas le scanner :

ScanGear_019
ScanGear

Il en est encore de même avec tous les autres utilitaires usuels : gscan2pdf et les autres. Rien.

La solution n’est pas si compliquée que ça, tout au moins pour le logiciel Canon. Dans un terminal, après avoir connecté l’imprimante-scanner en USB, tapez la commande suivante :

lsusb | grep Canon

Ce qui devrait renvoyer quelque chose comme ça :

Bus 004 Device 005: ID 04a9:176c Canon, Inc.

L’imprimante est bien connectée et identifiée. L’information importante ici est celle mise en gras ci-dessus : marque:modèle / 04a9:176c.

Il est (fort) probable que… si le scanner n’est pas reconnu c’est qu’il ne figure tout simplement pas dans la liste matérielle des règles udev de la librairie libsane. Il suffit de vérifier :

cat /lib/udev/rules.d/60-libsane.rules | grep 176c

Dans la commande ci-dessus, "176c" identifie le modèle de mon imprimante-scanner. La commande est donc à adapter avec le/la vôtre. Pour l’anecdote, je viens d’apprendre que la commande "cat" a été écrite par Torbjorn Granlund et… Richard M. Stallman que ses détracteurs donnent pour seul idéologue.

Si tel est le cas, je veux dire, si votre appareil est absent des règles udev, ajoutez-le comme suit au fichier 60-libsane.rules :


# Canon PIXMA MG2450
ATTRS{idVendor}=="04a9", ATTRS{idProduct}=="176c", ENV{libsane_matched}="yes", GROUP="scanner"

Pour que la nouvelle règle udev soit prise en compte, il est nécessaire de relancer (dans un terminal-administrateur) le service (ou de recharger les règles) :

# service udev restart

Comme je l’ai écrit ci-dessus, si avec le logiciel Canon, ScanGear, le scanner fonctionne, ce n’est pas le cas avec les autres utilitaires, aucun.

ScanGear : Canon MG2400 series
ScanGear : Canon MG2400 series