Du berger à la bergère, l’interview de Coreight

La première référence à Coreight date de 2012 sur le blog. Mon premier contact avec son blog a été un rejet brutal, j’y ai vu tout ce qu’on voyait à l’époque dans les techniques de SEO, la question à la fin pour inciter à la participation, le tutoiement pour mettre en confiance, la rubrique sur la motivation le lundi matin dégoulinante de bons sentiments, les réseaux sociaux affichés dans tous les sens, enfin bref ce que les 2 Be 3 sont à la musique, de l’artificiel. Et puis en écrivant régulièrement que tout ce bonheur me faisait vomir, on a commencé à échanger par blog interposé où Coreight a toujours répondu avec humour, ce qui pose des bases saines pour le dialogue. Certains billets à caractère libriste sont apparus dont un très pertinent sur l’initiative de Framasoft, ou d’autres encore comme la conversion d’utilisateur vers Linux, qui font d’un Coreight un être à part, comme s’il faisait partie de la meute libriste mais en faisant n’importe quoi, mais il est tellement mignon qu’on lui pardonne ses erreurs, même la création du compte Ello. Alors forcément comme j’ai fait l’interview chez lui et que j’ai répondu à des questions largement orientées logiciel libre et publicité, il fallait bien qu’on donne la réplique sur la bonne humeur permanente et savoir surtout si tous ses efforts pour se faire connaître fonctionnent.

Tu es qui ?

On m’appelle « coreight » sur le web, j’ai 32 ans, je suis un simple passionné de web et de technologie.

monpetitponeyPhoto de profil de Coreight

Tes blogs et sites ?

D’abord mon blog coreight.com, le vrai point de départ de mes aventures sur le web, lancé il y a 3 ans 1/2, où je parle principalement d’Internet, de technologie, et des trucs qui m’aident à me motiver.

Ensuite un petit projet que j’ai lancé il y a quelques temps, littlethingz.com, un site qui se contente de partager « les petites choses agréables de la vie » sous forme d’images. Une minuscule communauté contribue à l’alimenter, je n’y consacre pas beaucoup de temps, mais j’aime bien le principe.

Et sans doute plein d’autres sites à venir.

A part sur ton blog, on peut te trouver où ?

Sur le web : partout ! Certains trouveront que je me disperse, mais je ne peux pas m’empêcher de tester un peu tout ce qui traîne par curiosité. Je suis sur presque tous les réseaux sociaux : twitter, facebook, google+, pinterest, tumblr, diaspora, même scoop.it, voir même sur des trucs qui ne dureront peut-être pas comme ello.

Sinon hors du web, on me trouve généralement dans ma Bourgogne natale et surtout sa capitale Dijon. Je participe autant que je peux aux événements locaux qui touchent au web et à la technologie, notamment via une association de promotion de la Bourgogne numérique (Comunitic).

Mais sinon dans la vie tu fais quoi ? Quels sont tes centres d’intérêt ?

J’ai un vrai travail où je traite aussi bien avec des environnementalistes que des industriels, c’est peut-être pour ça que je suis plutôt diplomate dans mes échanges sur le net ;-)

Mes centres d’intérêts sont variés, bien sûr l’environnement par mon travail, le web et la technologie par passion, mais pour le reste ça va de la musique métal au foot (plus comme joueur que spectateur), en passant par la guitare.

Les blogs (ou site) que tu aurais aimé créer ?

J’adore les sites comme Lifehacker, un concentré d’astuces sur le web, la technologie avec une pointe de « développement personnel », probablement le site qui m’a le plus inspiré pour lancer le mien.

Mais je ne suis pas si vieux, j’ai encore du temps pour lancer le site web de mes rêves.

Tes outils de travail ? Côté matériel, Côté logiciels (les principaux), Côté services web :

Côte matériel : un PC principal avec ses deux écrans sous Fedora, la première machine montée par mes soins, que j’améliore au fil du temps. Un vieux netbook que je traîne de temps en temps pour compléter en mobilité, sinon une tablette 10 pouces (nexus 10) et mon fidèle smartphone (nexus 5).

Côté logiciels : Gimp pour les images, Gedit pour coder, Thunderbird pour mes mails, Rythmbox pour la musique. Et bien sûr Firefox et Chrome, que j’utilise souvent conjointement, un sur chaque écran.

Côté services web : je suis un grand utilisateur des services de Google que je trouve excellents, mais les histoires de PRISM et compagnie m’ont sérieusement refroidi, et je pense que je vais progressivement me « libérer » un peu plus. Je gère mes multiples réseaux sociaux grâce à Hootsuite qui me simplifie pas mal la vie. Et j’adore mon CMS Drupal qui fait tourner mes sites.

Quelques chiffres sur la fréquentation de ton blog ? Quelles sont tes techniques SEO ?

Il y a beaucoup moins de monde qui passe chez moi que sur le Blog Libre, mais pour un gus tout seul comme moi ça me convient parfaitement ;-) Actuellement ça tourne autour de 1900 visiteurs uniques par jour, avec une grosse partie en provenance des moteurs de recherche (67%)

Je ne pense pas vraiment avoir de « technique SEO » : j’écris sur des thèmes qui m’intéressent, bien que souvent en lien avec l’actualité, j’essaye de structurer mes articles mais davantage pour faciliter la lecture que pour plaire aux moteurs de recherche, je fais en sorte que le blog ne soit pas trop lent pour la même raison.

Je ne dis pas que je ne réfléchis pas 30 secondes à la façon de formuler le titre de mes articles pour apparaître en bonne place sur Google, mais ça va rarement plus loin.

Je me dis d’ailleurs parfois qu’avec les articles de 3 km de long que je ponds, si je voulais mieux faire je pourrais les découper en 10 sous-articles chacun sur un thème précis avec un titre optimisé, mais ça ne me ressemblerait pas.

Après c’est vrai que je partage mes articles sur tous les réseaux sociaux que je fréquente, après tout le public est souvent différent suivant l’endroit où l’on se trouve, je le ressens d’ailleurs dans les échanges que je peux avoir avec les différentes communautés.

Quels sont les sites que tu fréquentes régulièrement ? Comment réalises-tu ta veille ?

Je ne lis que le Blog Libre, matin midi et soir.

Bon, en fait aussi pas mal de blogs américains comme Lifehacker, MakeUseOf, HowToGeek. Quelques « célébrités » parmi les blogs francophones d’actualités comme Presse-Citron, Korben et la Fredzone, et pas mal de « copains » blogueurs que je suis depuis le début.

J’utilise beaucoup Feedly pour les flux RSS, assez souvent un service que je trouve bien foutu socialshare, et puis je fouine de temps à autre sur les réseaux sociaux.

Comme tout bon blogueur tu as un projet secret pour ton blog, peux-tu nous révéler lequel ?

Aaaaah, ça c’est une question très intéressante. Tellement que je regrette de ne pas te l’avoir posée.

Avant même de lancer mon blog, je bidouillais avec Drupal pour créer des sites Internet. Ce que je voulais c’était juste ça, créer un truc qui m’appartienne sur la toile. Mais en fait je ne savais pas trop où j’allais et ce que j’allais faire. Mes nombreux échanges avec des blogueurs via les commentaires de leurs articles, et des internautes sur les réseaux sociaux, m’ont alors conduit à l’évidence qui était juste devant moi : créer mon propre blog.

Et je dois dire que je me suis bien pris au jeu, car j’ai été d’une part bien accueilli par mes confrères, et j’ai trouvé assez vite un lectorat fidèle et varié avec lequel j’ai des échanges très riches et qui m’apprennent beaucoup. Je continue à apprendre tous les jours, et ça me servira sans doute pour créer d’autres trucs.

Je pense qu’aujourd’hui, en plus du loisir vraiment plaisant que cela représente, je vois aussi cette activité comme une belle carte de visite. J’ai de bons contacts avec quelques entreprises du monde de la technologie, quelques « personnalités » du web, je suis sollicité pour écrire des articles hors de chez moi, j’ai joué le rôle de community manager et webmaster avec une belle équipe pour le premier TEDx dans ma ville, j’ai un tas de gens passionnants dans la vrai vie… je constate donc que ce petit blog m’apporte pas mal d’opportunités, même si je n’avais pas de projet précis lorsque je me suis lancé.

Cortex et MinusCoreight a un plan secret pour son blog, comme tous les blogueurs

L’ambiance sympathique, le tutoiement du lecteur, les billets à caractères positifs, s’agit-il d’une stratégie ou tu es vraiment comme cela, si oui as-tu pensé à consulter ?

Je me suis rendu compte d’un truc : le matin même si tu te réveilles avec la pire gueule de bois, que tu as mal dormi, que tu es de la plus mauvaise humeur possible, si tu arrives au boulot avec le sourire et en étant aimable cela a deux effets :

– cela peut aider à mettre les gens que tu apprécies dans de meilleures conditions pour la journée.

– au contraire ça énerve les autres au plus haut point. Et faire chier les gens qu’on n’aime pas dès le matin, c’est vraiment gratifiant. Alors j’applique un peu ce principe sur le web :-p

Mais sinon dans la vie je râle assez souvent sur tout et n’importe quoi, j’avoue. J’ai juste appris à être diplomate lorsque je m’exprime en public, c’est peut-être une déformation professionnelle. Cela ne veut pas dire que je ne dis pas ce que je pense, juste que j’y met la forme.

bisounoursPhoto de face de Coreight

Tu affiches sans honte des publicités sur ton blog. Tu as même fait plusieurs articles sponsorisés. Est ce que tu n’as pas l’impression de vendre ton âme ? Que penses-tu de l’évolution de la blogosphère où l’on observe désormais une situation quasiment binaire entre ceux qui refusent toute relation à l’argent et ceux qui pensent en vivre ? Et puis surtout est ce que c’est bankable ? Qu’est ce qui pourrait te pousser à lâcher tes pubs ?

Je n’ai jamais eu de problème avec la publicité sur Internet, ni chez moi ni chez les autres. Après tout, si ça me permet d’accéder à un service sans payer, et de rétribuer les gens qui se donnent du mal pour me proposer du contenu qui m’intéresse, je trouve ça plutôt juste et honnête.

Mais à l’unique condition que cela ne soit pas trop intrusif (donc pas comme les vidéos de 20 secondes qui te sautent à la tronche dès que tu ouvres une page) et que les choses soient transparentes (et pas lorsqu’on parle gentiment d’une marque qui nous a payé pour ça, sans le dire ouvertement aux lecteurs).

En respectant ces deux règles, j’ai pour ma part la conscience tranquille. J’ai déjà rédigé quelques articles sponsorisés en effet, mais pas d’erreur pour mes lecteurs, la mention [sponso] figurant dès le titre de l’article. Chacun lit ou non selon la confiance qu’il a en ma bonne foi.

Je respecte le choix de mes confrères qui ne veulent pas afficher de pub chez eux, mais j’ai un peu de mal avec ceux qui te prennent de haut car tu ne suis pas leur point de vue sur ce sujet.

Il est très difficile de vivre de ses seuls revenus publicitaires pour un blog francophone, à part quelques rares exceptions qui sont devenues de grosses machines multi-auteurs. Pour ma part ça ne me rapporte pas grand chose, j’ai créé une auto-entreprise pour pouvoir déclarer tout ça proprement, et j’utilise les gains pour pouvoir payer serveurs et noms de domaines, renouveler mon matériel que j’utilise à 80 % pour le blog, et le jour venu ça pourra me servir si j’ai besoin pour investir dans de nouveaux projets liés au web. Je trouve plutôt saine l’idée de ne rien avoir à sortir de ma poche, que cela s’entretienne tout seul.

A l’heure actuelle, je ne vois pas de raison d’arrêter la pub sur mon blog. Et puis les internautes savent très bien installer des bloqueurs de pubs si cela les gênent vraiment. Merci à ceux qui me placent en liste blanche le cas échéant ;-)

Tu multiplies les comptes sur les réseaux sociaux comment fais tu pour gérer ? Penses-tu que cette présence est nécessaire ? Envisages-tu comme certains de faire le ménage ?

Dans mon esprit, mon blog est bien sûr le point de départ de ma parole sur le web, puisque je m’y exprime comme je veux, sous le format que je préfère. Les plus fidèles lecteurs y reviennent tout seul, ou sont abonnés à mes différents réseaux, ma newsletter, ou mon flux RSS.

Pour le reste, j’aime l’idée d’aller chercher les internautes où ils se trouvent, et bien entendu pour ça les réseaux sociaux sont une concentration non négligeable. Chaque réseau à un public légèrement différent, même quand on traite de web et de technologie, les discussions ne sont pas les mêmes, les réactions non plus. Et ça me permet de rester vraiment au courant de leur réelle évolution, et d’éviter de dire les mêmes âneries que certains journalistes comme « Google+ est une ville fantôme », juste parce qu’ils ont créé un compte et n’ont pas retrouvé leurs amis Facebook.

Et puis ça laisse le choix aux lecteurs : tu aimes ce dont je parle sur mon blog et le seul réseau que tu fréquentes est Pinterest ? Pas de problème pour toi, tu peux t’abonner à mon compte sur ce réseau et suivre mes aventures.

Je ne considère pas que ce soit une perte de temps, ça fait partie intégrante de ma démarche dans mon « travail » de blogueur. Je pourrais sans doute écrire plus si je passais moins de temps sur les réseaux sociaux, mais cela aurait moins d’intérêt pour moi.

Je n’envisage donc pas de faire le ménage, et il est en plus très facile d’avoir une présence « minimum » sur les services que l’on pense les moins utiles, en publiant automatiquement et en se contentant de répondre aux éventuelles sollicitations. C’est moins intéressant, mais ça permet de se concentrer tout de même sur les réseaux les plus riches pour nous. Pour moi actuellement ça se passe surtout sur Twitter et Google+, mais cela peut évoluer. En tout cas je suis déjà prêt pour ça.

ello-goodbye

Coreight se lance dans l’utilisation de Ello

Cela fait quelques temps que tu fréquentes mon blog et je te soupçonne de passer de plus en plus de temps sur les solutions libres. Quel regard extérieur portes tu sur les libristes ?

Cela fait bien longtemps que j’utilise des solutions libres, je tourne sur Linux depuis une bonne dizaine d’année, et j’ai toujours utilisé des logiciels comme Gimp, y compris sur Windows.

Ça ne m’a jamais empêché de continuer à utiliser des solutions propriétaires, j’ai toujours un Windows en dual-boot pour pouvoir jouer (de moins en moins), j’utilise toujours Windows et Microsoft Office à titre professionnel, et les logiciels de Google sont pour moi les meilleurs pour beaucoup d’aspects. Finalement, j’ai toujours utilisé avec pragmatisme ce qui convenait le mieux à mes usages, sans me poser beaucoup plus de question.

Ce qui a changé depuis quelques temps, surtout depuis les scandales liés au révélations d’Edward Snowden, c’est que je pense de plus en plus me forcer à quitter certains services que pourtant j’adore, au profit de solutions libres. Cela se fera progressivement, je sais que j’y perdrais un peu en confort et en simplicité d’utilisation, mais j’ai vraiment la volonté de me libérer car le critère « vie privée » prend de plus en plus d’importance à mes yeux. J’ai d’ailleurs un peu commencé pour Gmail, je vous raconterai ça bientôt (je testerai quand même leur nouveauté Inbox par curiosité… je sais, je suis irrécupérable).

J’aime la communauté des « libristes », car ils dépassent la simple utilisation pratique des outils informatiques et les conçoivent avec des notions d’éthiques, de respect des libertés individuelles, ce que l’on retrouve plus rarement chez les utilisateurs lambda. Cela permet de ne pas perdre de vue l’état d’esprit d’origine du web, et de ne prendre conscience des dérives des outils pourtant si pratiques que nous avons entre les mains.

Cependant, certains libristes ont un discours difficile d’accès pour des néophytes qui commencent à douter de la bienveillance des multinationales high-tech, mais qui ne sont pas prêts pour autant à modifier leurs habitudes du jour au lendemain. Tu disais récemment « Il ne faut pas chercher les gens il faut la capacité de les accueillir ». Je pense que deux profils complémentaires sont nécessaires : des libristes purs et durs qui maitrisent parfaitement le sujet et sauront répondre à toutes les questions que se poseront les nouveaux venus. Mais aussi de simples internautes qui sont capables d’expliquer autour d’eux comment régler les paramètres de confidentialité de Facebook et de régulièrement leur rappeler qu’il existe des alternatives aussi sexy, et qui en plus respectent bien davantage leur vie privée. rms_katana

Certains libristes ont un discours difficile d’accès d’autres plus simples, ils t’apprennent le libre à coup de sabre

Merci Coreight pour cet interview qui ne fâchera personne !

Dérives libristes

Il y a souvent un problème avec les fans de façon générale, c’est qu’à partir du moment où l’on est fan, on se comporte souvent comme un débile, sans recul sur sa passion. C’est un phénomène qu’on trouve chez les fanboy et les libristes n’échappent pas à la règle. Un programme peut être tout pourri, c’est pas grave il est libre, donc il est forcément formidable. Je vous donne aujourd’hui deux exemples. Twister, il s’agit d’une plate-forme au concept très intéressant puisque c’est un réseau social qui se base sur le protocole bittorrent, si bien que c’est décentralisé et bénéficie de tous les avantages du p2p notamment en terme de ressources. Donc une bonne idée technologique appliquée à un simple clone de twitter et c’est un problème. J’ai vu pas mal de choses positives sur ce réseau mais pour moi il se contente d’être une simple copie d’un réseau castré en 140 caractères. On pourrait revenir sur les avantages de twitter, la synthèse en 140 caractères qui oblige les gens à être concis, précis dans la masse mais il n’empêche que jamais un réseau social indépendant, libre n’atteindra le nombre d’utilisateurs de Twitter. Si faire court dans la masse a peut être du sens quand on a des centaines de millions d’utilisateurs, ça l’est beaucoup moins quand on a 10 pèlerins sur son réseau. On sait pertinemment qu’on ne peut pas réinventer la roue en permanence, néanmoins on peut essayer quand même d’innover, ou en tout cas de réfléchir avant de prendre les mauvaises idées. Je rappelle que ces gens sont bien évidemment libres de faire le réseau social qu’ils veulent, comme j’ai la liberté de m’exprimer et de dire qu’il est regrettable qu’on ne s’inscrive trop souvent dans la copie et pas dans la nouveauté, regardez le dernier Firefox pour exemple, et regardez Chrome, cela se passe de commentaires, on dirait des frères jumeaux.

screenshot_timeline1Je regardais ça : Pi-Top : l’ordinateur portable Raspberry Pi en 3D sur Indiegogo. Il s’agit d’un énième projet de crowfunding, je cite “le Pi-Top est un kit basé sur le génial mini PC Raspberry Pi, et vous offre tout ce dont vous avez besoin pour construire votre propre ordinateur portable avec un écran HD de 13,3 pouces.” pour la bagatelle de 250 € si on colle un raspberry dedans. Je me suis moi même laissé avoir par le chant des sirènes du raspberry que j’ai fini par donner car s’il est un outil intéressant pour du monotâche ou pour un outil d’apprentissage, dans une véritable utilisation de type serveur ou ordinateur ce n’est absolument pas adapté, les distributions actuelles sont trop gourmandes pour une utilisation convenable. Donc à 250 € vous me direz qu’on a des plans, qu’on a l’appareil, qu’on a des trucs extraordinaires, on accentue d’ailleurs dans la campagne de vente sur l’aspect pédagogique mais à la sortie vous avez un portable cadencé à 900 mHz pour 512 Mo de RAM, et là je ne vois pas ce que vient faire la pédagogie ou l’intérêt, notamment pour un appareil qui à l’origine doit consommer peu, être petit etc … Moi à 250 €, je regarderai plutôt de ce côté là à 219 € ou vers n’importe quoi qui à 250 € est un véritable ordinateur. Est-il réellement nécessaire d’investir ce prix pour apprendre ? Est ce que ce type d’appareil a du sens ? Faudra-t-il aussi acheter la chaussette raspeberry le jour où elle sort ?

La campagne est à 98000 dollars, elle en voulait 80000, il doit certainement y avoir quelque chose qui m’échappe. On sait qu’il y a besoin d’argent pour des projets qui ont du sens, et là on trouve 100.000 dollars pour avoir un portable qui rame.

20141007084825-pi-top-green-topTanéléo qui me fait bien rire en ce moment et qui utilise la bonne vieille technique du troll pour faire buzzer son nouveau blog a écrit Etape 2 : formater le libriste où l’on dénonce quand même quelque part une incapacité des gens à réfléchir par eux même, peut être pas si loin de la vérité quand on voit l’aveuglement autour de certains projets.

 

Internet, couvrez cette transparence que je ne saurais voir

Le travail de journaux d’investigation est maintenant renforcé par la circulation de l’information via internet au travers des blogs, réseaux sociaux, forums, blogs… Je prends l’exemple de la révélation du Canard Enchainé sur 60 députés français qui frauderaient le fisc. Ca tourne sur le net et les gens sont informés.

Les promesses pre-élections sont maintenant suivies en “temps réel” pendant le mandat de la personne élue (voir le site des réalisations de F. Hollande et N. Sarkozy en son temps).

Auparavant, la vérification des faits ne s’imposaient pas. Les politiciens étaient rarement contredits, rarement repris quand ils annonçaient une grosse bêtise ou un gros mensonge. Aujourd’hui, cette vérification des faits est devenue essentielle. La recherche de la vérité l’emporte sur le discours politique. Par discours politique, j’entends la parole qui convainc, celle qui embrigade et convertit les gens à votre cause. J’emploierai le terme d’arguments marketing. Tout cela est fini : un homme politique se doit maintenant de dire la vérité, obligation récente. Il ne peut plus jouer, sa belle parole ne tient plus toute seule. Il faut y accoler de vraies sources, de vrais arguments provenant d’organismes sérieux et objectifs comme l’INSEE par exemple. Dure vie de politiciens…

J’ai souvent entendu dire que les Français n’ont pas de mémoire en politique, internet va donc pallier à ce manque.

Une fois le politique pris à défaut, c’est là qu’internet se déchaîne. Le citoyen, par écran interposé, reprend une partie de son pouvoir de citoyen : il critique publiquement.

Le politique a bien du mal avec la critique sur son travail, ses approximations, ses mensonges, ses bêtises. On peut reconnaître que la critique est quelques fois violente et peu mesurée. Mais quoi, c’est difficile pour le citoyen de gérer une liberté retrouvée. Car oui, internet permet à tous d’utiliser une liberté retrouvée : la parole publique. Certains découvrent que la parole des politiques n’est pas parole d’évangile et que l’on peut remettre en cause une démonstration faite sur TF1 au JT de 20h par un président ou un premier ministre.

Le discours public était seul réservé aux politiciens ces 50 dernières années via la télé, la radio ou la presse. Petit bémol avec la radio qui a su, dans les années 80, se libérer du contrôle de l’Etat avec le phénomène des radios libres et où l’auditeur a commencé à avoir la parole. Ce qui ne veut pas dire non plus que la parole du citoyen est plus censée ou plus intéressante que celle du politique, preuve en est certains talk shows radiophoniques ou télévisuelles “bas de plancher” mais au moins, elle émerge, elle reprend sa place.

La parole publique était donc une histoire de castes : les journalistes, les célébrités et les politiques.

Internet a opéré un changement radical dans l’économie mais également dans la politique, dans la vie de la cité. On comprend que la vieille génération soit bousculée et tente par tous les moyens d’utiliser la loi pour dompter internet, cet espace non civilisé et sauvage vous diront-mêmes certains.

On va donc employer un outil de censure sans pareil en France où le pouvoir exécutif va s’octroyer le pouvoir judiciaire : pour lutter contre 500 voir 1 000 personnes qui veulent aller faire la guerre à l’étranger au nom de leurs idées, l’État français va adopter une loi d’exception faisant reculer la séparation des pouvoirs de notre pays et les libertés individuelles de l’ensemble des citoyens.

Rappelons que cette loi est totalement inefficace car la consultation de sites interdits sera facilement contournée par l’installation d’un Firefox sous TOR (3 minutes pour l’installer sur un ordinateur), l’utilisation d’un VPN ( à partir de 5 € par mois, installation en 10 minutes), la mise en place d’un mot de passe sur le site concerné ou le partage de contenu par simple clé USB…etc. Le filtrage va donc être un grand foirage à venir, belle efficacité de [mode Damien énervé ON] nos parlementaires infoutus de comprendre le monde dans lequel ils vivent [mode Damien énervé OFF].

Au passage, on aura rongé la liberté des citoyens, ça n’est pas bien grave, nous avons l’habitude : Loi de Programmation Militaire, espionnage à tous les étages du citoyen, lois censées lutter contre le terrorisme

On se donne rendez-vous dans un an, quand l’actuel ministre de l’intérieur (ou le prochain, ils sont tous interchangeables) viendra nous dire qu’une nouvelle loi va bientôt être votée, pour notre bien évidemment, avec encore, la suppression de nouveaux morceaux de notre liberté.

Peut être qu’un jour, on viendra nous dire que le mieux, c’est de ne plus aller internet, ca ira plus vite :p

En attendant, vous pouvez toujours contacter votre député ou votre sénateur pour lui dire que cette loi sera complètement inefficace, coûteuse et liberticide, et qu’ils auraient meilleur compte de s’occuper du cas de deux députés, De Courson et Dumont, obéissant comme de bons petits toutous à une entreprise américaine de tabac, qui va nous faire perdre beaucoup d’argent et qui nous empoisonne paisiblement.

– Damien