Libération complète des utilisateurs accélérée grâce à FirefoxOS

Vous voyez régulièrement apparaître des messages d’utilisateurs qui dégooglent, les miens remontent à 2009, c’est une étape importante dans la vie du libriste, on dirait que je parle de la reproduction d’une espèce rare mais passons, car les services Google sont tellement bien faits, tellement attractifs, que s’en affranchir est une véritable difficulté pour embrasser souvent des solutions libres plus imparfaites pour rester courtois. Alors que nous avions dégooglé en masse, l’arrivée des smartphones laissant le choix entre Apple qui coûte un bras  fermé de chez fermé et Android qui coûte pas cher avec son lien de parenté avec Linux, a eu pour conséquence la recréation de comptes gmail, donc du Google en masse. On comprend bien dès lors le lien entre le software et le hardware, un lien que va prochainement renforcer Google en imposant par défaut sur ses smartphones, la bagatelle d’une vingtaine d’applications de base.

Bien sûr on pourra me rétorquer qu’il existe des markets alternatifs, amazon (rires dans la salle), plus sérieusement F-droid le market libre et ses quatre applications, néanmoins c’est comme faire tourner du logiciel libre sous Windows, on a un sentiment d’inabouti. Avec l’arrivée de FirefoxOS, on lit dans le réseau diaspora*, un peu le seul endroit où il se passe quelque chose en France, de nombreuses personnes qui depuis l’achat de leur téléphone que ce soit le ZTE OPEN C ou le Flame des bourgeois, un regain des abandons de compte Google, pour utiliser uniquement des solutions libres.

On peut globalement et de façon très synthétique dresser les chaînes suivantes :

  • gmail est remplacé par un mail avec un nom de domaine qu’on peut auto-héberger ou placer chez un prestataire comme je le fais pour ma part car le mail DOIT fonctionner tout le temps. J’y accède de mon téléphone, de mon ordinateur portable ou de mon fixe en utilisant thunderbird ou roundcube. Demain avec l’intégration de son propre client mail on pourra tout avoir dans owncloud
  • le calendrier est remplacé par celui de owncloud qui fournit caldav si bien qu’on peut le synchroniser avec le téléphone mais aussi avec lightning pour Thunderbird
  • le stockage google peut être remplacé par owncloud
  • même si pour l’instant c’est très sommaire on peut remplacer l’édition de documents par owncloud
  • pour la messagerie instantanée on peut installer un serveur prosody en quelques minutes.
  • on peut désormais remplacer n’importe quel réseau social par diaspora*

On voit que le mot récurrent c’est Owncloud qui de plus embarque une interface responsive, si bien que ça passe très bien sur firefox OS, calendrier ou fichiers pour exemple, on peut éviter d’avoir l’application comme c’est le cas pour android. Je ferai de nouveaux essais sur Cozycloud, car la situation de dépendance à Owncloud même s’il est libre pourrait devenir préoccupante un beau matin.

La démarche de liberté de plus s’accélère car d’un point de vue commodité il vaut mieux avoir une installation sur un dédié que sur un mutualisé sur lequel on n’a pas mal de limitations. A l’heure actuelle, installer une debian et y coller owncloud sans paramétrage fin c’est moins d’une heure. On a donc des gens libres mais des gens qui de plus s’auto-hébergent. Avec de plus la vulgarisation de machines comme les NUC qu’on peut trouver à petit prix, il est possible de monter un serveur pas très cher, assez puissant mais surtout peu bruyant dans les petits espaces. Pour les gens qui ont de la place, une machine d’occasion comme un optiplex peut très bien faire l’affaire. L’augmentation des débits avec le déploiement de la VDSL2 pour cinq millions de lignes supplémentaires devrait accélérer le phénomène.

Jamais il n’a été aussi facile de se libérer si on possède une ceinture noire d’informatique, demain la liberté sera certainement aussi accessible aux noobs, la liberté est en marche.

De gandi.net à mon serveur sans iframe

Comme vous l’avez peut-être vu dans la section Liens du blog j’ai créé un petit portail à partir duquel je peux naviguer rapidement vers les services que j’utilise en ligne. Les pages du site sont générées à partir de mon serveur qui accède à internet via ma Freebox.

serveurPour me faciliter la vie et pour faire plus propre je ne voulais pas utiliser l’ip Free alors j’ai pris un nom de domaine chez Gandi. Tout ceci est en place depuis plusieurs mois. À l’époque j’avais faits pointer le nom de domaine vers mon serveur grâce à une redirection dite transparente. C’est vraiment facile à paramétrer et dès la validation ça fonctionne.

Il y a des trucs qui arrivent comme ça…Depuis un moment je voulais ajouter un favicon au site mais je ne savais pas quelle image utiliser. C’est en regardant ma photo de profil où j’ai deux yeux collés sur mon dos que j’ai trouvé, un œil ! bon, je sais que l’idée n’est pas super originale puisqu’elle existe déjà chez d’autres comme ici ou par exemple. Mais bon, cet œil à une histoire (…) alors il vaut la peine d’être utilisé en favicon.

oeilDonc, tout content d’avoir enfin trouvé un logo je me lance dans sa mise en forme et puis sa mise en place. Un petit tour sur StartPage, je trouve le code qui va bien, je l’adapte à ma situation ce qui donne ça :

link rel="icon" type="image/png" href="favicon.png"

Mais je ne vous apprends rien. En théorie un rafraîchissement de la page et le favicon devrait s’afficher. Et bien chez moi non,  il ne voulait pas s’afficher. Après plusieurs réécritures infructueuses de la ligne de code je me dis et si j’affichais le code source de la page. Et voilà (en gros) le résultat :

<html>
<head><title>www</title></head>
<frameset>
    <frame src= » »>
    <noframes>
      <p>Original location:
        <a href= »… »>
      </p>
    </noframes>
</frameset>
</html>

Une belle fenêtre qui me redirigeait les requêtes vers mon serveur. Malheureusement dans ces conditions le favicon ne pouvait être affiché.

Que faire dans ces conditions ? Pour éviter cette iframe tout en gardant le nom de domaine affiché proprement dans la barre d’adresse j’ai découvert assez rapidement qu’il fallait ajuster les DNS de son domaine chez son registrar, en l’occurrence chez Gandi. Pour cela c’est simple il suffit de se connecter dans l’interface d’administration d’ouvrir la section dédiée au paramétrage des DNS du nom de domaine souhaité, d’écrire les bonnes informations dans un fichier de zone non activé. Puis de l’activer.

Je vais détailler un peu ce que j’ai faits. Premièrement j’ai supprimé toutes les redirections. Puis j’ai créé des redirections du type A qui ont pour effets de rediriger l’adresse liée à la zone vers une adresse de son choix (mon serveur). Avec les options suivantes :

  • @ redirigera l’adresse sans sous-domaine comme http://adresse.fr
  • www redirigera l’adresse en http://www.adresse.fr
  • * redirigera l’adresse (vers la page d’accueil) quelque soit le sous domaine http://toto.adresse.fr

Ce qui est un peu frustrant avec cette méthode c’est qu’elle n’est pas instantanée. Le tant que tout ceci se propage j’ai attendu 2h15. Et j’avoue que c’était aussi une erreur que j’avais faite auparavant. En ne voyant aucun changement tout de suite après la validation de la zone, je revoyais mes paramètres et forcément ça ne changeait jamais rien :-(.

N’étant pas vraiment expert je ne sais pas si cette méthode est la meilleure. Mais elle a le mérite de faire ce que je veux, afficher mon favicon :-p

http://www.youtube.com/watch?v=neCt6KGV21M

Ouverture officielle du framasphère

La récente apparition de Ello l’anti-facebook qui finira dans un carton au bout de six mois, pour les raisons que l’on sait, ils finiront par piller les données car il faudra bien gagner de l’argent aura eut un effet particulièrement bénéfique, évoquer l’échec diaspora* et par le fait diaspora*. L’échec c’est un peu fort mais ça a été le cas à l’époque, Diaspora* c’est le réseau social sombre qui se traîne vraiment un très lourd passé, un projet attendu par les libristes et les autres, 200 000 dollars fumés dans la nature, un mort, enfin bref de très mauvaises bases.

Par le fait lorsque le journaleux commence à écrire son article sur Ello, il sort l’exemple historique Diaspora*, il n’a que l’embarras du choix et c’est bien là qu’on se rend compte que l’internet n’oublie rien et que la date d’une source ça compte. On nous balance en effet des articles de 2012, à l’époque nous avons tous tiré à boulet rouge sur Diaspora* moi le premier bien évidemment. Il y a donc un énorme travail de communication à faire pour expliquer que le projet n’est plus ce que c’était et pour dire ce que c’est désormais maintenant. Diaspora* est un réseau social libre, décentralisé, vous ne confiez pas vos données à une société qui finira par les vendre mais à un particulier ou une association. Le choix du pod est par le fait déterminant, on pourrait très bien imaginer un pod piège pour récupérer des données personnelles. Le fait que le réseau soit décentralisé n’est pas bloquant pour communiquer entre les pods. Vous avez bien sûr la possibilité de monter votre propre pod pour héberger vos propres données et être indépendant. A l’heure actuelle ce n’est pas simple, mais on peut imaginer que dans le futur on aura une simplification de l’installation.

Je suis actuellement sur le pod diaspora-fr.org car à l’époque c’était le seul pod français, j’y reste car il s’agit d’un pod expérimental c’est à dire que la version de diaspora* est la dernière en date, si bien que j’essuie pour les autres et avec mes collègues du crash, du bug, nécessaire pour faire avancer le projet.

Je vous invite donc si vous êtes un individu normal à vous inscrire sur le framasphère, disponible quant à lui en version stable pour avoir une expérience utilisateur optimale. Le fait que Framasoft qui est un acteur crédible fasse son propre pod aura certainement un impact déterminant pour Diaspora* en France car c’est une crédibilité qui est apportée au réseau, si c’est recommandé par Framasoft on peut espérer un effet mouton de Panurge.

Les premiers pas dans Diaspora* sont délicats, vous vous rendrez assez vite compte des problèmes du réseau. En effet pour avoir de l’information vous avez deux possibilités, suivre une personne, s’abonner à un tag. Sachez par exemple que je n’emploie jamais de tag, car j’écris vite, si bien que l’effort intellectuel que je devrais faire pour placer des hashtags me couperait net dans l’écriture. Par le fait, si vous voulez avoir les infos que je distille sur FirefoxOS ou sur d’autres choses techniques, vous êtes forcés de vous taper la totalité de mes commentaires, pédagogie, marteau piqueur, météo et le reste. De la même façon, il n’y a pas de moteur de recherche sur les contenus, seulement sur les personnes et c’est un vrai problème, car on va rater du contenu pertinent. Par exemple djib qui n’a plus de blog écrit de nombreuses astuces sur Firefox OS, dernièrement un comparatif entre la 1.3 et la 2.x, comme il poste régulièrement, ses messages finiront par tomber dans les limbes.

Diaspora* est fonctionnel, on a de vrais communautés présentes notamment celles des gros barbus Linuxiens libristes, c’est d’ailleurs intéressant car vous avez tout ce qui reste des blogueurs francophones, des membres importants de Framasoft comme Cyrille LARGILLIER ou Pyg, il faudra réellement que Aka fasse son effort de présence, que tout le monde lâche de façon définitive les twitters et autres facebooks pour d’une part être cohérent mais surtout pour favoriser l’adoption du réseau.

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