Ce fut ma pré-rentrée

7h10 je tourne la clé de contact dans le partner, AaRON – U Turn (Lili) dans le poste, pourquoi pas. Je descends la rue, la mer est en face, je vis quand même ici pour ça alors je prends ma seconde de contemplation, je m’engage, je vois la fête foraine qui se fait démonter au sens propre, Saint-Pierre s’est vidé du jour au lendemain, une autre catégorie de touristes pourtant débarque, mes préférés, les vieux. A 7h10 tout le monde dort, je sais que je les retrouverai le soir, pour l’instant la route est à moi, j’essaie de ne pas trop en profiter, j’ai radicalement changé ma façon de conduire depuis l’an dernier, je conduis zen en continuant de beugler dans la voiture. 8 heures, j’arrive au lycée, je suis le premier, je sais que tout marche, c’est la vie, c’est beau la vie. Je regarde les réseaux Wifi, je vois que Roger, prononcer à l’américaine car Roger est canadien, a placé l’antenne Wifi, elle est à plus de 30 mètres et le signal passe à travers des tas de murs super épais. Comme j’aime à le dire, on aura du pigeon grillé toute l’année. Roger et moi c’est un roman d’amitié, pas une histoire d’amour vacances qui finit dans l’eau, avec sa grosse perceuse il place tout le matériel, les fils, et moi je configure la partie logicielle, c’est beau la vie, c’est encore plus beau qu’une société proposait la même chose à 250 € et que nous on paye 60 € et un peu de travail. Je lance mes photocopies, quelques collègues arrivent et les premiers problèmes informatiques apparaissent. Pas grand chose, ici une collègue qui a oublié son mot de passe de messagerie, là une bascule sur un logiciel, des soucis avec office365 dont l’ergonomie est quand même bravement pourrave. Tout le monde me voit m’agiter, on ne prend même pas le temps de me demander pour mes vacances, pudeur ou lecture de mon blog, je ne le saurais jamais, quand on voit un type avec quatre ordinateurs posés devant lui pour réparer les bobos, on évite de lui parler de vacances, on comprend qu’il est au travail.

Je donne à Roger le raspberry pour qu’il le place, quand il dit raspberry ça fait pas pareil que moi, c’est tellement suave, je suis super content parce que je vais me trouver un super nouveau problème à résoudre. En effet la télé est une vieille télé toute pourrie, c’est une HD READY, je m’en sors avec une résolution pourrie de moins de 680×480 alors que je regardais pour le HD READY on doit avoir au moins du 720p. Il semblerait qu’on peut forcer la configuration du pi depuis le fichier /boot/config, et choisir la résolution, demain malheureusement il faut bien accueillir les familles et les élèves, j’essaierai entre midi et deux heures.

Les réunions se suivent et se ressemblent trop, cela fait 11 ans que je fais ce métier et je n’ai jamais eu l’impression de faire une réunion qui faisait avancer les choses, pendant qu’on évoque les trucs d’avant les vacances qu’on a oubliés, je continue de mettre à jour les PC des collègues qui ne savent pas faire un update alors que c’est demandé en gros, que ce soit sous Linux ou Windows, j’en profite pour virer les barres ask, demain je passerai un nouveau netbook sous Xubuntu, un collègue se plaint de lenteurs sous Windows. 17 heures, tout le monde a fini de parler plus fort que son voisin, j’ai peu de choses à faire en informatique, c’est une satisfaction, les serveurs ont fonctionné pendant deux mois sans rien faire, la salle info sous debian n’a pas bronché, même si nos solutions sont quand même issues du bricolage, elles sont tout de même robustes.

Demain la rentrée.

[invité] Comment installer… presque automatiquement un système Debian comme poste de travail (personnel ou dans un établissement scolaire) ?

Public visé : Les personnes motivées qui veulent installer un système Debian « relativement » facilement ! (Quelques notions sur le logiciel « vi » sont recommandées.)

Salut à tous. Cyrille m’a permis de publier un article donc… me voici en 1ère ligne sur le Blog Libre. ;)

Je suis enseignant (maths). J’utilise des logiciels libres depuis 15 ans. Cela correspond exactement au moment où je suis devenu prof. En effet, j’ai très vite compris que travailler sous Windows 98 Me ne serait vraiment pas une sinécure. Un exemple marquant :

Avez-vous déjà écrit un « mémoire » de stage à l’aide de Word 2000 (acheté pour l’occasion !) sous Windows 98 Me ? Hein ?! Vous avez déjà essayé ! :(

Avec les années je me suis « radicalisé » pour libérer mes outils informatiques. Au fur et à mesure, je suis passé de l’utilisation de Word 2000 avec une (pauvre) extension (dont le nom m’échappe aujourd’hui) pour écrire des mathématiques sous Windows 98 Me à l’utilisation de Writer d’Openoffice.org avec l’extension Dmaths sous Mandrake GNU/Linux pour finir sur l’utilisation de LaTeX sous Debian stable (ou Archlinux ou FreeBSD RELEASE).

Que de chemin(s) parcouru(s) ! Et je ne regrette rien. Après de multiples tests et installations (et nuits blanches !), je travaille désormais sur un système Debian GNU/Linux stable. Et oui, il est tout à fait possible de travailler sur un système Debian  : écrire des cours, surfer, imprimer, scanner… (Je teste FreeBSD depuis quelques années et ce système tend de plus en plus vers un système utilisable au niveau desktop.)

De nos jours, installer un système Debian comme poste de travail ne relève plus de l’exploit ! (J’attends avec impatience la sortie de la prochaine stable « jessie ».) Cela demande tout au plus un peu de travail. Avec de la motivation et un peu d’expérience, cela demeure tout à fait réalisable sur une machine personnelle (pas trop récente tout de même !).

À la rentrée scolaire 2013, j’ai accepté de gérer le réseau pédagogique de mon collège (2 h de décharge). J’ai vite réalisé que la gestion d’une centaine de machines me prendrai un temps considérable si je ne réagissais pas de façon efficace. (Autrement dit, si je laissais le windows préinstallé sur les vieilles machines !) J’ai donc choisi d’installer Debian stable pour remplacer de façon avantageuse les différentes variantes de Windows (XP*, Vista* voire seven dans certains cas). Dans le cadre d’un établissement scolaire, il me fallait passer d’une installation Debian « tranquille » (sur une machine personnelle) à une installation plus « experte » et « automatisée » (un « déploiement » sur une cinquantaine de vieilles machines) avec notamment la création automatique de profils utilisateurs « formatés » à l’avance pour obtenir un environnement graphique (MATE) léger, fonctionnel et facile d’utilisation. La problématique avait changé ! Pour surmonter toutes les contraintes, j’ai donc dû en apprendre davantage sur le paramétrage d’un système Debian et l’écriture de scripts BASH (installation mais aussi intégration dans un domaine contrôlé par un serveur).

Voilà ! C’est un retour d’expérience (voir l’URL du tutoriel ci-dessous) sur l’utilisation de postes de travail Debian dans un collège. Je peux enfin faire cours avec des élèves en utilisant un système Debian !!

Si vous avez des questions ? Des remarques constructives ? N’hésitez pas !

kuniyoshi

NB : Debian est partout dans mon collège (double boot ou simple boot). Il me permet aussi de sauver le système principal (Debian ou pas !) de chaque machine et donc de me simplifier la vie ;)

(1) Le lien vers un tutoriel qui décrit la façon de faire : (Ce document doit, très probablement, encore contenir des erreurs : fautes d’orthographe, phrases mal formulées ou peu claires…)

http://eoleng.ac-dijon.fr/pub/Contribs/Clients_Linux/debian_gnu_linux_wheezy_in_EOLE_scribe-v1.0.pdf

(2) Le lien vers les scripts associés au tutoriel : (Il y a bug à la c** dans un des scripts… facile à corriger) :

eoleng.ac-dijon.fr/pub/Contribs/Clients_Linux/debian_gnu_linux_wheezy_in_scribe-v1.0f.tar.gz

 

Mettre en place une routine d’écriture quotidienne et publier un article par jour, pourquoi pas, mais comment faire quand on a rien à dire ?

C’est Frédéric Nitche qui a balancé le lien dans Diaspora*, un article qui vous explique comment écrire de beaux articles de 750 mots par jour, pas facile. L’article est réellement technique, ce n’est pas une plaisanterie pour qui écrit régulièrement, je m’y reconnais facilement dans la veille bien sûr, dans les sujets variés, dans l’écriture au moment où il faut écrire, comprenez que parfois quand l’inspiration est là j’écris jusqu’à cinq articles d’avance mais le problème qui n’est absolument pas soulevé dans l’article c’est l’expérience personnelle, le vécu, comme si l’on pouvait en quelques sortes se nourrir exclusivement des aventures des autres, même si vous me ferez remarquer que certains y arrivent très bien. (Gilles ?)

Prenons un très bon exemple, le mien, qui reste un exemple que vous et moi connaissons plutôt bien. Je vous ai fait un mois de juillet euphorique avec mes différents bricolages autour du ZTE OPEN C, et là d’un coup ça se calme car je retrouve la rentrée scolaire, une certaine routine qui n’a rien d’intéressant, rien en tout cas qui me donne envie d’écrire. C’est réellement un très bon exemple, moi, car ici j’écris sous la source d’une inspiration, un article, mais dans l’ensemble ça reste rare. La grande majorité de mes articles est issue de ce que je vis, de mon expérience, la notion d’ailleurs d’expériences partagées pour le blog n’est pas anodine, c’est bien de cela dont il s’agit.

Il y a donc ici un double cercle vicieux. Si je ne vis rien je n’ai rien à raconter, si les autres ne vivent rien, je n’ai rien à commenter (spéciale dédicace à Gilles) ou à écrire. Or, on constate de façon générale un appauvrissement des contenus au niveau de la toile, quelle conclusion peut-on alors en tirer ? Pour ma part c’est simple, l’appauvrissement de la toile ne peut avoir que deux origines :

  • avec comme seule préoccupation le selfie, les vacances, le loisir, la culture de soi, les émissions de télé débiles, on fabrique de plus en plus de crétins. L’évolution des outils le prouve, on est passé de Skyblog, le truc quand même pour écrire un peu à facebook, le truc pour écrire un peu moins et montrer ses jolies photos, à twitter pour ne pas dépasser les 140 caractères et snapchat pour en arriver à l’image.
  • Pour ceux qui sont capables de dépasser la frontière du nombril, plus d’envie d’écrire, ou peut être plus gratuitement, l’envie de partager n’est plus au rendez vous.

C’est un problème. Peut être pas très apparent pour l’instant car la masse de contenus sur le web est énorme, et on se réveillera dans quelques temps pour se rendre compte que rien n’a changé, évolué, ou que tel ou tel site est fermé, un site qui apportait une information intéressante, à ce moment là on se rendra compte peut être que quelque chose ne va plus. Vous ne le voyez peut être pas pour l’instant mais moi je le vois à mon niveau dans de nombreux domaines. L’exemple de Firefox OS est vraiment significatif, nous sommes quatre pauvres pèlerins en France à tenter quelque chose, alterlibriste, genma, igor, dada, et les quelques autres que j’oublie. Et pourtant imaginez l’enjeu. Combien d’entre nous se sont plaints de ne pas avoir de téléphone avec un OS libre, il est là portant, bien présent, fonctionnel, combien se bougent réellement pour centraliser l’information ?

Alors que le partage d’informations sur le net paraissait comme un acquis, son avenir me parait largement compromis au profit des lol cats et des gens qui vendront l’information plutôt que de la diffuser librement.