Xubuntu nouveau est arrivé, tout le monde s’en fout, un mal pour un bien ?

Voilà Xubuntu nouveau est arrivé, je vous fais juste la remarque suivante, du fait que la version 14.04 est une LTS, on ne vous proposera pas la mise à jour si vous ne la demandez pas, c’est à dire déclarer que vous prenez toutes les mises à jour et pas seulement les LTS, ça se traduit par ça.

Screenshot - 24102014 - 06:46:54 Screenshot - 24102014 - 06:50:17L’installation se déroule sans aucun problème et on arrive à son Linux tel qu’on avait plus ou moins laissé sauf qu’on a un rose dégueulasse. Comprenez qu’il n’y a tellement rien de neuf à part une batterie de mises à jour des différents programmes, que le développeur principal a trouvé que c’était une super bonne idée de mettre un rose dégueulasse pour faire penser à la licorne, le nom que porte la distribution 14.10. Comprenez que c’est tellement ignoble qu’un gars dans ask ubuntu a demandé s’il s’agissait d’un bug. D’une part pour faire un retour en arrière j’ai bousillé mon thème qui n’est plus celui que j’avais avant, d’autre part je pense très sérieusement que c’est une agression même si c’est du rose, c’est une question de principe, on me fait subir un rose que je n’ai pas demandé, que je ne veux pas, que je rejette en force, ce rose de la honte, c’est contraire à l’éthique du logiciel libre où j’aurai dû récupérer mon bureau tel que je l’ai laissé.

J’ai fait un très rapide tour du propriétaire qui se limite à voir si tout ce que j’ai installé fonctionne, ça a l’air d’être le cas, j’ai imprimé une feuille, j’ai utilisé un peu tous les logiciels, il va me manquer la compilation de firefoxOS et là ça risque d’être plus drôle, ah ah ah. Je dois dire que je suis ébloui par les nouveautés, à part le rose tout pourri je n’ai vu absolument aucune différence si bien que j’en arrive à la double conclusion suivante. 

A une époque à chaque sortie on retapissait la toile, tous les blogueurs y allaient de l’article, j’ai souvenir d’avoir participé à la modération du planet-libre à l’époque c’était n’importe quoi dans la redondance d’ailleurs. Aujourd’hui c’est le néant le plus complet, ce sont les sites généralistes qui l’annoncent. Je pense que si on fait abstraction de la mort de la blogosphère, les sorties ne sont plus événementielles car d’une part on est tous globalement satisfaits de la distribution qu’on utilise, où tout marche plutôt bien, car d’autre part à l’époque chaque sortie était l’espoir de corrections de bugs, de support matériel et j’en passe. On peut donc espérer, imaginer, car nous sommes de grands enfants, des naïfs, que si on parle moins des sorties d’Ubuntu c’est tout simplement parce que tout marche bien et que les innovations dès lors ne sont plus majeures au point de ne plus l’attendre comme le messie.

La conséquence directe est simple, on se force à sortir une version tous les six mois mais en fait pour quoi faire ? On sort une version tous les six mois pour la simple et bonne raison qu’on a décidé de sortir une version tous les six mois, tout simplement. Du sens ou pas, de la nécessité ou pas, aucune importance, on a dit tous les six mois, donc on sort tous les six mois. Et là force est de constater qu’on sort pour rien, on aurait pu attendre ou pas. Comme le pense Fred très fort, qui vient de sortir chez Larousse “complètement Geek”, vous noterez que j’ai mis la FNAC et pas Amazon, ça donne du grain à moudre pour tous les utilisateurs de rolling release. De là à écrire que la rolling release est l’avenir de la distribution Linux, il n’y a qu’un pas que je ne franchis pas, je continue de voir des utilisateurs de Arch la distribution des prétentieux, oui vous seriez déçus si je ne la faisais pas, casser leur système encore de façon régulière, en outre ne plus s’imposer de contrainte quant à la libération comme le fait Debian pour avoir la certitude d’obtenir un produit qui fonctionne, là je franchis le pas, la ligne jaune et même la ligne rouge.

Voilà on l’aura dit sur un blog libre, Xubuntu 14.10 est sortie ainsi que tous ses forks, Ubuntu la plus connue.

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Un chat dans diaspora* (miaou)

Bon, premièrement je tiens à présenter mes excuses pour la blague éculée du titre. C’est juste que… Je peux pas m’en empêcher…

Très clairement, un chat XMPP à la Facebook est une des fonctionnalités les plus demandés pour diaspora*. Le sujet est en fait discuté au sein de la communauté depuis 2013, donc depuis Mathusalem en temps Internet. D’aucuns se demandent alors pourquoi, depuis le temps que le sujet est discuté, le chat n’a pas pointé le bout de son museau.

C’est compliqué…

Au commencement

Il faut comprendre que diaspora* est développé par sa communauté sur son temps libre et dispose de fonds réduits, sans commune mesure avec les millards de Facebook. Cela peut se constater en regardant la liste des contributeurs depuis juillet 2012 — date à laquelle diaspora* est officiellement devenu un projet communautaire — sur github. En y jetant un rapide coup d’oeil, on peut voir un robot-contributeur — Jonne Haß, présent depuis presque le début du projet — qui détient de loin le record de contribution depuis cette période. En dessous, on retrouve une liste de power-contributeurs dont l’un — Flaburgan — est français (cocorico) et le tyran officiel du pod diaspora-fr.org. Si vous me cherchez dans cette liste, ne poussez pas plus avant vos investigations : je n’y suis pas. Je n’ai à mon actif que 3 malheureuses contributions. En fait, je n’a rejoint diaspora-fr.org qu’il y a 9 mois (vers janvier 2014) et ne contribue que depuis 3 mois environ.

Avec si peu de moyens, donc, il est assez compliqué d’implémenter de nouvelles fonctionnalités — d’autant plus aussi complexes qu’un chat XMPP. Quand l’organisation beugle à tue-tête qu’elle a besoin de contributeurs — même sans compétences en ruby — ce n’est pas une blague. Le peu de temps que passent les power-contributeurs l’est surtout à corriger des bugs et améliorer la fédération.

L’absence de chat XMPP à la Facebook (je mets cette expression en emphase car je n’assume pas mon passé d’utilisateur de Facebook, pardonnez-moi) est définitivement ce qui m’a poussé à contribuer au projet. Ça a commencé assez simplement : j’ai demandé à notre tyran ce qu’il se disait sur la question en haut-lieu. L’on ma répondu que les contributions étaient bienvenues et l’on m’a parlé d’un utilisateur de diaspora* qui aurait commencé à travailler sur la question. Ni une ni six, j’ai donc pris mon clavier pour proposer mes services au brave utilisateur. Le pauvre n’avait malheureusement pas le temps de travailler là-dessus mais m’a commmuniqué le fruit de ses recherches.

Le chat de diaspora* repose donc sur deux parties :

Je suis donc parti avec ma bite et mon couteau (pardonnez l’expression, elle me vient de mon pays natal, la Bretagne) pour développer cette fonctionnalité qui me manquait tant. Et puis très vite, un power-contributeur allemand, Zauberstuhl a appelé à contribution concernant ce sujet. Il avait commencé son travail sur Vines, qui fonctionnait très bien, mais galérait pour créer le front-end. Ayant une partie de la solution, je l’ai contacté pour lui proposer mes services. C’est comme ça que tout a commencé. Cette collaboration a donné naissance à une première version assez sexy.

chat01Illustration 1: Première version du chat

Afin de ne pas me couvrir de gloire non-méritée, il faut que je précise que ma contribution à cette fonctionnalité est pour l’instant assez minimale. Zauberstuhl abat le plus gros du travail étant donné que les plus grosses adaptations à faire le sont du côté du serveur écrit en ruby, langage que je ne maîtrise pas.

Et ça en est où, tout ça ?

Le chat, disais-je donc, est en deux parties : un serveur en ruby et un front-end basé initialsement sur Jappix Mini.

Je dis initialement car il y a une semaine, Zauberstuhl, qui teste le chat sur son propre pod a soulevé sur IRC des problèmes de performances dûes à Jappix Mini. L’un de ses développeurs a effectivement confirmé que leur front-end repose beaucoup sur leur serveur Jappix qui est aussi un réseau social développé en PHP.

Zauberstuhl propose donc de passer sur un front-end développé initialement pour diaspora* : JSXC. Ce changement nous enchante tous les deux parce que JSXC supporte aussi WebRTC, un nouveau protocole de communication développé par le W3C et l’IETF et qui permettra, pour les navigateurs compatibles (Opera, Chrome et Firefox pour le moment et dans leurs dernières versions) de faire des trucs assez kikoo comme de la visio-conférence façon Skype.

Nous en sommes là. Vines et JSXC ont été forkés par diaspora* sur github (Vines, JSXC) et sont tous les deux développés hors du projet lui-même comme des gems-dépendances.

chat02Illustration 2: Chat avec JSXC

Et c’est pour quand ?

Pour quand ce sera fini. Actuellement, Zauberstuhl travaille pratiquement seul. À cause de mes cours et de mes connaissances limitées du projet, je ne peux pas l’aider à loisir et plusieurs problèmes se posent sur l’implémentation d’un chat XMPP dans diaspora*. L’un des plus gros est celui des connexions asynchrones. À chaque rafraichissement de page, le front-end nécessite une reconnexion avec le serveur XMPP. Si l’on multiplie ça par le nombre de rafraichissement par seconde et le nombre d’utilisateurs sur un mega-pod type joindiaspora.org on peut vite faire péter le serveur. Le projet Jappix, de son propre aveux, butte lui-même sur ce problème depuis longtemps. Le projet a besoin de contributeurs.

Sur github, la fonctionnalité a quand-même été ajouté à la prochaine majeure, qui pourrait sortir au début de l’année prochaine. Dans les faits, pourtant, ce n’est pas garanti. La prochaine majeure contient des améliorations sur la fédération qui sont vitales pour certain mega-pods et sa sortie ne pourra pas être indéfiniement retardée pour le chat.

Et à l’avenir ?

Si le chat voit finalement le jour, les fonctionnalités WebRTC de JSXC pourraient permettre des choses plutôt sympas. Comme WebRTC est à la fois un protocole P2P et une API Javascript, il est théoriquement possible, par exemple, pour les bon navigateurs (IE n’est pas un bon navigateur, CQFD), de faire de l’échange de documents (non soumis au copyright, bien sûr ! :D). Mais on parle là de fonctionnalités à bien plus long terme, donc ne vous attendez pas à voir un projet sortir de terre dans les 6 mois qui viennent.

Les choses se présentent donc plutôt bien pour le chat.

Mon Diaspora*

A l’instar de n’importe quel réseau, Diaspora* n’est qu’un outil, ce qui fait sa valeur ajoutée ce sont les gens qui sont dessus. Ma définition est impropre, c’est un outil pratique pour échanger, se castrer en 140 caractères caractères, limiter l’échange à des photos volatiles ou un réseau social basé sur l’image n’est pas facile à utiliser dans mon contexte précis. Diaspora reste toutefois hautement perfectible, l’absence d’un moteur de recherche est certainement le plus handicapant, il n’y a qu’un moteur de personne, si bien qu’il faut être vigilant sur les tags utilisés, mais vous comprendrez que ce n’est pas forcément catastrophique dans mon utilisation. Voici mon comportement sur diaspora*

  • j’ajoute par défaut toute personne qui me suit. Du fait d’être connu, j’ai pas mal de gens qui me suivent même si le fait d’avoir supprimé et recréé mon compte a laissé des traces.
  • je suis les tags techniques Linux, firefoxos ce qui fait que cela me permet de me retrouver avec pas mal d’informations. Deux problèmes. La multiplication des tags, peut être trois pour firefoxos, il est donc nécessaire de rajouter autant de tags que disponibles sur un sujet sans avoir la garantie que chaque personne aura tagué son post. Le second problème c’est la langue, #Linux est un tag international, j’ai donc des commentaires en anglais, en allemand, en espagnol, je bannis donc les utilisateurs qui publient dans des langues que je ne connais pas
  • Du fait d’être abonné à beaucoup de monde je trie. Quand je vois une personne qui monopolise la timeline pour des sujets qui ne m’intéressent pas, je ne suis plus la personne, de la même façon des gens qui se contente de repartager de façon systématique. Avant j’ignorais mais je crois que ça interdit de répondre à un de mes messages.
  • Tout post que je fais est commenté, il n’y a aucun intérêt à partager une information sans rajouter une plus-value.
  • Je limite le repartage à la portion congrue afin de ne pas pourrir la timeline des gens qui partagent avec moi, les annonces, les besoins souvent le dernier message que je viens de repartager c’est la sortie de la nouvelle version d’HandyLinux.

A la fin j’arrive à une timeline qui n’est pas trop saturée, avec l’information qui me convient. Il faut savoir qu’un réseau social peut devenir particulièrement chronophage mais il a l’intérêt de permettre le partage avec les autres, le partage au sens large. C’est aussi un moyen pour moi de rapidement contacter le peu de membres de la blogosphère francophone existant pour le logiciel libre, des développeurs, des acteurs dans le monde du logiciel libre.

Donc la question qui forcément brûle les lèvres, élitiste ? Oui et non.

Élitiste dans mes lectures, je lis les sorties de Wallabag, les échanges sur firefoxos ou d’autres geekeries. Mais aussi de la pédagogie, des gens qui n’ont rien à voir avec le libre mais qui partagent tacitement la même façon de procéder. Ils écrivent, ils repartagent peu, ils échangent, ils font vivre le réseau. On retrouve en fait, le même phénomène de bots qu’on observe dans les blogs photocopieuses, qui se contentent de simplement relayer une information. Donc oui il y a une forme d’élitisme car pour rentrer dans les lectures borniennes il faut respecter les critères précédents.

En l’occurrence quand certains s’inquiétaient que des profils comme les miens fassent régner la terreur en cannibalisant le réseau pour imposer uniquement du libre, il s’agit d’une hérésie la plus complète. S’inscrit sur le réseau qui il veut, partage ce qu’il veut. Vous avez des gens qui diffusent du porno pendant toute la journée, il y a peut être des gens qui partagent des photos de lol cats, je ne le sais pas, mais c’est leur liberté, et réciproquement ils sont particulièrement nombreux à ne pas savoir que j’existe, de la même façon je suppose que des allemands, des anglais, des espagnols m’ont ignoré car ils ne comprennent pas le français et ils ont tort car c’est la plus belle langue du monde, la moralité c’est qu’on fait de diaspora le réseau qu’on veut, le mien effectivement est particulièrement libristo intégristo barbu … ou pas.

Il y a dans ma sphère des gens qui n’ont rien à voir avec le libre, des gens qui débutent dans le libre et qui sont contents d’être encadrés par des bonhommes, il n’y a donc ici absolument aucune forme d’intégrisme, bien au contraire, voyez en moi et mes camarades de jeu, l’opportunité d’apprendre plus vite, d’être guidé, d’être aidé en cas de problème.

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