server@home – Intro

On va essayer d’être complet car je souhaite être didactique, ça va faire des articles longs où vous n’apprendrez rien à 90% mais j’espère qu’il y aura une pointe de génie qui vous fera dire c’est pas bête ça !

La mode dans le Libre est à l’auto-hébergement. Attention ce tutoriel nécessite des connaissances sur GNU/Linux, une connexion internet assez puissante car l’auto-hébergement reste gourmand en bande passante, un investissement matériel et personnel (recherche, réflexion, documentation, discussion etc.).

Je ne parlerai pas des avantages à s’auto-héberger. La majorité des gens qui liront cet article les connaissent et c’est pourquoi ils sont ici. Je vais en revanche faire un petit inventaire des services/logiciels (avec quelques exemples mais pas tous) que l’on peut imaginer avoir sur notre server@home car ça donne toujours des idées :
- Lecteur RSS : FreshRSS (il y en a d’autres non mais allô quoi !), Leed, Tiny Tiny RSS, KrISS feed
- Site/blog : WordPress, PluXml
- CV en ligne : Vos petits doigts
- Gestionnaire de favoris : Shaarli (what else ?)
- Seedbox : Deluge, Transmission
- Gestionnaire de téléchargement : JDownloader, aria2
- Infrastructure de tests : Virtualisation, Docker, Ansible
- Prise en main à distance : TeamViewer, Synergy, RealVNC
- MediaCenter : Kodi, VLC
- Serveur DLNA : Plex (oui, c’est pas libre), MiniDLNA
- Proxy : Glype, OranjeProxy, sshuttle
- Monitoring server@home : eZ Server Monitor, linux-dash, Glances
- Serveur de sauvegarde et de stockage
- Partage de fichiers : ownCloud, Seafile, Pydio, Dropbox, BitTorrent Sync (des traîtres se cachent dans cette liste, sauras-tu les retrouver ?)
- Galerie photo : Piwigo
- Webmail : ownCloud, Roundcube
- Serveur de synchronisation pour les formats de calendrier CalDAV et de contact CardDAV : ownCloud, Baïkal
- VPN : OpenVPN
- Effet Streisand : Autoblog
- Divers : Surf internet (sur votre télé), diffuser des photos (sur votre télé), écouter de la musique (je vous ai dit sur votre télé ?) etc.
- Enfin et surtout apprendre GNU/Linux : Fail2ban, SSH, backup, Apache, Nginx etc.

Même si tous les logiciels cités ne sont pas libres, on peut déjà voir qu’on peut faire énormément de choses sur un server@home et sur GNU/Linux. Je ne présenterai que quelques-uns de ces logiciels en revanche j’essaierai de détailler pourquoi c’est eux que j’ai choisi.

Pour terminer cette intro, voici la liste de mes objectifs personnels (et par effet de bord la liste de ce que j’aborderai dans les prochains articles) quand je me suis tourné vers un server@home :
- Bidouiller et apprendre
- Docker et Ansible
- Gérer la majorité de mes besoins via des interfaces Web (c’est surtout celui-là qui est important car c’est celui qui a guidé la majorité de mes choix)
- FreshRSS et Shaarli
- Proxy
- Gestionnaire de téléchargement
- MediaCenter et Serveur DLNA pour faire plaisir à Pupuce
- Blog (puis j’ai laissé tomber par flemme et j’ai rejoint le Blog-libre, cependant PluXml rocks)
- Prise en main à distance
- Monitoring server@home

On parle matos maintenant ?

Diaspora* est-il un poisson bleu ?

Il y a quelques années de cela, j’ai voulu faire la présentation d’un logiciel libre permettant d’accéder à un réseau sous le réseau, un réseau anonyme, crypté et clandestin où la confidentialité des échanges est garantie. J’étais revenu sur cette décision, en accord avec mon ami Jean-Claude, co-fondateur du site "Linux On The Root". À la réflexion, nous n’étions pas convaincus que notre site, à l’époque, avait pour vocation de promouvoir quelque logiciel, même libre, permettant d’outrepasser la loi. "Linux On The Root" était un site d’entraide qui s’adressait d’abord et avant tout au débutant (sous *Linux) et non un site qui devait inciter, de quelque manière que ce soit, l’utilisateur à contourner certaines restrictions légales du pays où notre site était hébergé et où, accessoirement, nous habitions l’un et l’autre.

Il y a quelques temps de cela, une discussion à propos de Diaspora* — la fameuse affaire de propagande djihadiste — m’a fait prendre conscience de la nécessité de reprendre et de pousser un peu plus loin la réflexion, quitte à en poser tout autrement les termes. Les citations ci-dessous sont extraites des commentaires sous l’article.

Le diable n’est pas dans les données, ni dans le réseau, mais au-dehors.

Ce que l’un des administrateurs du nœud diaspora-fr.org, Fla, traduisait comme suit :

Je rappelle au passage que Diaspora* est d’abord un logiciel.

Robert Biloute expliquait de manière un peu plus précise :

C’est comme ça, le réseau est prévu comme ça, pour permettre à tout le monde de faire ce qu’il veut, donc pour moi y a rien à voiler et y a pas d’impuissance, ou autant que “l’impuissance à contrôler internet ou le téléphone”.

Remarquons d’abord que, ce que l’on soutient pour le téléphone ou un réseau social comme Diaspora* est d’extension limitée. Ce qui vaut pour l’un, le téléphone, est-il nécessairement vrai pour l’autre, une technologie de réseautage social ? — Non. Ou alors, CQFD. On induit seulement un rapprochement entre deux technologies, pour opérer une généralisation sans démonstration aucune. Mais, dans le fond, il s’agit, ni plus ni moins, que d’un argument de type ad rem, un argument dont la valeur (ou vérité) est donnée ou présentée comme objective. C’est comme ça, le ciel est bleu ou les poissons nagent… On ne dit rien d’autre. Un peu court, non ? Et l’on voit, dès lors, poindre à nouveau l’un des défauts majeurs du logiciel libre : ses difficultés à convaincre.

Pareil argument présente, si l’on peut dire, la qualité de son défaut : une absence de définition propre. Ce qui est présenté comme vrai pour le téléphone ou le ciel ne l’est, vrai, en réalité, que pour le téléphone ou le ciel, dans certaines conditions, non pour l’ensemble des technologies. De fait, la conclusion que l’on en tire est aisément réfutable. Il suffit d’y opposer un contre exemple pour voir la démonstration s’effondrer : certaines technologies sont contrôlées strictement. Serait-il, en effet, raisonnable de libérer totalement (entendez : sans contrôle ou sans limite à priorique) une technologie aussi délicate que le génie génétique qui réveille les vieux démons eugéniques ? — On comprend pourquoi, dès lors, un tel argument est intenable.

Mais faisons tout de même un effort supplémentaire. On nous dit : le logiciel, en lui-même, au regard de la morale, n’est ni bon ni mauvais. Postulat que l’on doit comprendre de cette manière : intrinsèquement, cette technologie n’aurait rien à voir avec la morale. Et, dans la foulée, on affirme que l’on ne peut nullement condamner quelque technologie que ce soit parce qu’il se trouve des individus malveillants pour l’utiliser de manière inadéquate, inappropriée ou condamnable (légalement). D’un côté l’objet (ou la technologie) et de l’autre son utilisation. Comme si raisonner sur l’objet, en lui-même ou pour lui-même, cela avait un sens indépendamment de l’usage auquel on le destine (voire même des conditions de production, comme on essaie si souvent de nous le faire croire). Comme on sépare le bon grain de l’ivraie. En soi, le moteur à explosion est-il responsable des (trop) nombreux accidents de la route ? On serait tenté de répondre que non. Mais peut-on seulement réduire le problème de manière aussi simpliste ? Restons dans le champ qui nous concerne où toute la problématique que soulève cette question est comprise entre la transmission et le sens de l’information échangée. Et qui songerait, comme l’ont avancé certains administrateurs de Diaspora*, quand les djihadistes ont pris d’assaut le réseau pour y diffuser leur propagande, qui donc songerait à interdire le téléphone parce que les pires canailles s’en servent pour la mise en œuvre des projets les plus effroyables ? — Intenable, vous dites… Soutenir ce postulat, c’est affirmer que le qui échange quoi et comment, finalement, importerait assez peu. Accepter ce postulat reviendrait aussi à affirmer que certaines activités humaines doivent échapper, par nature, à toute forme de moralisation ou de contrôle. Mais pourquoi ? Au-delà de son évidence ou de son caractère (presque) implacable, les implications de ce postulat sont plus pernicieuses qu’il n’y paraît. — Et l’actualité crépite de l’urgence qu’il y à poser clairement cette problématique. Mais il est possible que je me trompe : Diaspora* n’est peut-être qu’un poisson bleu…

Hara-kilibre épisode 1 – Ello Goodbye

En partenariat avec Odysseus libre qu’on a payé douze milliards d’euros, un dessin de temps en temps qui traite de l’actualité du libre ou indirectement de l’actualité informatique. On a beaucoup buzzé il y a une quinzaine de jours autour du réseau social Ello, ben effectivement aujourd’hui c’est plutôt goodbye. Preuve une fois de plus qu’il faut se méfier des buzz orchestrés par la presse informatique qui soit dit en passant nous aura permis de ressortir diaspora* des placards. ello-goodbye