Raspberry Pi ce jouet pour enfant ou cet ordinateur mono-tache

Voilà le raspberry pi va quitter mon domicile. Je pourrai laisser sa chance à l’appareil puisque désormais on voit apparaître une nouvelle raspbian, qu’on sait qu’il n’y aura pas de nouveau pi avant trois ans, que les efforts vont être faits autour du software, mais je pense qu’on peut l’affirmer au moment où j’écris ces lignes, il n’y aura pas de solution d’auto-hébergement viable pour le raspberry pi. Même avec nginx, même avec des applications sans mysql, ça rame ce qui veut dire que pour moi c’est retour à la case départ.

Bientôt un optiplex de plus à la maison ce qui veut dire qu’on en revient quasiment au retour du serveur ITX à 200 €, il y a quatre ans. Les technologies ont évolué d’un point de vue hardware et d’un point de vue software. D’un point de vue hardware j’aurai pu opter pour un brix ou un nuc, pour profiter d’un encombrement réduit, d’un bruit minimum. Néanmoins ça voudrait dire acheter une machine neuve, ça voudrait dire aussi faire le deuil d’un espace disque conséquent que je possède déjà avec mes 4 To de disque dur dans mon NAS qui lui aussi va disparaître dans la foulée pour se ramener à un appareil unique. En quatre ans l’offre logicielle, elle aussi a drastiquement évolué, on a le choix entre deux ténors de l’auto-hébergement au travers de Owncloud et de Cozycloud qui n’existaient pas à cette époque. Si Cozycloud est très récent owncloud quant à lui date de 2010 période globalement où j’ai acheté mon ancienne machine. Avec un optiplex j’aurai donc une machine silencieuse, d’occasion, et qui embarque 4To de stockage. Au niveau logiciel, je ne me pose pas de questions, ce sera owncloud et toutes ses fonctionnalités ce qui couvre la majorité des besoins de mon auto-hébergement.

Le Raspberry Pi aura été une jolie découverte, et je sais désormais ce que ça vaut, à tous les niveaux, y compris financièrement. Pour une borne d’affichage c’est correct sans être parfait, c’est relativement lent mais la mise en place est instantanée, l’utilisation facile. J’avais un problème de résolution sur une vieille télévision HDReady, qui me balançait une résolution en 600 et des brouettes. On apprend que les télévisions HDReady c’est 720p pour une résolution en 1280. Sachez qu’il est possible de forcer la résolution du pi de la façon suivante :

il suffit de modifier le fichier /boot/config.txt qui contient les informations majeures sur le pi

et de forcer selon le lien suivant : http://elinux.org/RPi_config.txt

Pour ma part j’ai choisi :

hdmi_group=1
hdmi_mode=4

Ça passe directement sans aucun problème.

Le raspberry pi c’est bien mais pas pour tout faire, pas pour faire grand chose en fait, le tout c’est de le savoir.

Bédés

Le casse est une série finie en 6 tomes indépendants qui comme son nom l’indique, présente à chaque fois, un casse, un gros coup.

  • le premier tome c’est un vol de diamant en Sibérie, réellement excellent,
  • le second tome c’est le plus particulier de la série, il s’agit de Marie-Madeleine et Jacques qui tentent de monter un coup pour sauver le Christ à la suite de sa crucifixion. C’est un tome osé de par le contexte historique et ce qui m’a particulièrement gêné c’est le vocabulaire grossier qui est utilisé, le rythme aussi, c’est long,
  • Dans les années 60, les mafias américaines s’associent pour planquer des millions, la voiture n’arrivera jamais à destination. Le responsable du casse serait un homme noir en prison, une force de la nature, un homme brutal, passionné de soul. Un membre de la famille va tenter sa chance en infiltrant la cellule de l’homme pour savoir où est planqué le magot.
  • Le quatrième tome se situe en Grande Bretagne, dans la période Sex Drug and Rock And Roll. Quelques bons moments, mais la bédé reste confuse, poussive.
  • Gold Rush c’est l’histoire d’une vengeance au far west, des hommes décident de se venger de leur tortionnaire en volant la plus grosse pépite jamais extraite. Un excellent western.
  • Le dernier tome nous présente un tueur du troisième Reich, un homme implacable et déterminé qui tout en menant ses actions pour le parti monte un coup qu’on ne découvrira qu’à la fin, un très bon album.

Le thème de la série, les lieux, les époques, c’est original, on regrette toutefois que les albums ne soient pas d’un niveau égal.

101012_cLes aigles de Rome se déroulent dans la Rome antique comme on peut s’en douter, ambiance Peplum et compagnie. Les romains qui sont trop fort viennent de mettre la pâtée aux germains et pour être sûrs de leur alliance spontanée et de longue durée, ils prennent des otages. Parmi eux un ado, fils de chef de clan qui se retrouve à Rome pour être éduqué par un ancien général qui a aussi un fils du même âge. Très rapidement les deux garçons vont se détester pour finir les meilleurs amis du monde. Au fil des quatre tomes, on va les voir grandir, s’affirmer en tant que guerrier, subir leurs inintéressants problèmes amoureux mais surtout devoir s’affronter, en effet le premier est en train de rassembler les tribus germaniques pour mettre la pâtée aux romains pendant que le second reste fidèle à sa patrie, mais que vont devenir les deux amis, oh mon Dieu, je me le demande. Actuellement en quatre tomes, les Aigles de Rome font partie des bédés qu’on achète par faiblesse car le dessinateur c’est Marini à qui l’on doit les aventures d’Olivier Varèse, Rapaces, ou le Scorpion, c’est à dire un type qui dessine comme un Dieu grec ou romain dans le cas présent. Le problème c’est que l’histoire même si elle se laisse lire n’est pas à la hauteur du dessin, trop classique, des personnages trop similaires, l’aspect romantique placé dans cette histoire donne un côté artificiel, qui sonne faux. Alors nécessairement quand on voit la qualité des planches, on est partagé, mais pour moi les aigles de Rome reste avant tout une jolie coquille bien vide.

Couv_68233Un médecin qui travaille au Brésil pour les pauvres apprend le décès de ses parents qu’il n’avait pas revu depuis de nombreuses années, en effet champion de sabre, il en a profité pour fuir l’Allemagne de l’Est. Depuis la chute du mur de Berlin est passée par là et il « profite » de l’occasion pour retrouver sa sœur. Il n’était pas en très bon terme avec ses parents, il ne traîne donc pas et repart vers ses « patients », avec quelques broutilles dont un dessin à lui qu’il avait réalisé adolescent. Pendant le voyage, il casse le cadre et se rend compte qu’à l’intérieur se trouve un morceau d’étoffe avec une lettre hébraïque qui va le mener dans une aventure abracadabrantesque. Bon je spoile un peu pour vous donner envie ou pas. En fait il y a 5 morceaux d’étoffe, un partage réalisé par 5 gars pendant la guerre qui sont tombés sur une masse considérable d’objets d’arts, des millions et des millions qu’ils décident de planquer dans une banque Suisse avec la complicité d’un de leurs amis. Plutôt que de vivre comme des nababs à la sortie de la guerre, ils décident de faire fructifier l’argent afin qu’un jour ils aient tellement de fric qu’ils puissent bouleverser la société pour la faire basculer dans un truc de bien. L’idée du cercle de Minsk est intéressante, certains cliffhanger sont bien amenés néanmoins cinq tomes c’est trop. L’histoire se perd dans des détails qui n’ont pas d’importance, elle tire en longueur, on notera aussi un dessin pas top niveau, pour avoir au final une bande dessinée moyenne.

cercledeminsk01

Bodhi Linux est morte, ce n’est qu’un début

C’est Frédéric qui donne la nouvelle, la distribution Bodhi Linux vient de mourir. Alors que d’habitude on enterre des forks sans intérêt, ici sans être une distribution majeure, Bodhi Linux est une distribution qui avait du sens, légère, elle embarquait des interfaces différentes pour proposer une expérience différente par rapport à l’appareil qu’on utilise, plus fort encore elle utilise, utilisait Enlightenment, un truc extraordinaire, joli et tellement buggué que personne n’ose l’utiliser, enfin bref, une distribution originale. Parmi les raisons invoquées, une raison qui va vous surprendre, la vie. Le type a une vie, s’est marié, un gosse, enfin bref la vie l’a rattrapé. Je pourrai vous sortir tout un laïus sur la beauté du geste, je resterai très terre à terre, en vous disant que cette distribution ne tenait pas à grand chose, un développeur en fait, et que si elle crève c’est qu’il n’a pas su fédérer, donc c’est bien fait pour elle.

C’est à ce moment là où vous vous dites, sacré Cyrille, tous les moyens sont bons pour rappeler qu’il faut se regrouper autour des gros projets, qu’il faut se regrouper sous un seul étendard, une bannière unique, et que le blog libre ici présent sera le highlander de la blogosphère libre, ramassant tous les pauvres blogueurs solitaires qui traînent pour être le dernier. Ce serait tentant mais non, ou plus ou moins, parce que je viens de le faire. Frédéric écrit que trop de choix tue le choix, et il a raison, néanmoins c’est à moduler, pas assez de choix et c’est la dictature de la pensée. Je peux vous donner un très bon exemple, nous sommes utilisateurs de Scolinfo, le logiciel de la société Aplon, qui nous permet de tout gérer d’un point de vue pédagogique, de la facturation à notre ENT. Dans l’offre logicielle, nous avons le choix entre PRONOTES et c’est un peu tout, il n’y a pas de logiciel libre suffisamment puissant souple qui permettrait de passer à autre chose. Chez Scolinfo on a décidé de refondre l’interface pour nous mettre un truc super 2.0, ça rame, c’est buggé, c’est fouillis, il m’arrive de mettre un travail en physique, il finit en mathématiques. Je suis désormais utilisateur de PRONOTES par l’entremise de main innocente qui est ravi de me voir checker toute sa vie scolaire en quelques clics. A l’opposé, l’interface est austère mais c’est aussi buggé, pour exemple alors que les devoirs sont annoncés de façon théorique jusqu’au 19, ils ne l’étaient que jusqu’au 12. Deux solutions seulement, et pas d’alternative, si trop de choix tue le choix on comprend bien que pas assez de choix n’est pas sain, pas de concurrence, pas d’émulation, pas de volonté de se transcender, qu’importe les problèmes puisque de toute façon il n’y a pas de choix.

La question dès lors qui nous brûle les lèvres, c’est comment trouver le juste milieu entre le grand tout et le grand rien. La question il y a quatre ans, aurait été comment quitter le grand tout, désormais c’est comment éviter le grand rien. Les distributions Linux mortes se ramassent à la pelle, les logiciels libres morts ne se comptent plus, les sites web libres sont désormais figés dans le temps dans des dates de 2011, 2012 pour les plus vivants.

Remédiation comme on dit à l’école ? Rejoindre l’existant pour ce qu’il en reste plutôt que de se lancer dans un nouveau projet sauf s’il est vraiment innovant. Je vous rassure, personne ne rejoindra un projet existant et le peu de gens qui se préoccupent encore de développer du libre continueront de travailler dans l’anarchie, oui, n’hésitez pas, je vous donne l’autorisation de regarder la boutique Apple pour votre prochain appareil.